Haïti : les pauvres, réduits à manger de la terre !!!

L'information du jour ce n'est pas la crise financière, ou le débat Palin/Biden, c'est ce reportage de l'émission Reporters annoncé sur NT1 : l'enfer absolu de la misère à Haïti où les pauvres en sont réduits à manger de la terre !

Extraits de ce reportage :

Marché mondial de la faim : un enfant qui meurt de faim est en fait un enfant assassiné

La campagne électorale, qui se poursuit avant le 2ème tour, c'est bien. Mais les arguments des uns et des autres, on peut aussi considérer que ça commence à bien faire, simplement parce qu'on sait depuis longtemps comment on va voter. Pas besoin, par conséquent, que guignol continue.

Au demeurant, il existe des sujets infiniment plus sérieux que les coups de bâtons que se donnent les uns et les autres sous les applaudissements ou les cris : la faim dans le monde, tous ces gosses qui crêvent de faim, tous ces morts par millions et toute cette misère dont nous avons l'entière et pleine responsabilité.


Le 25 avril dernier, Libération a publié sur ce thème un entretien magistral avec Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Je le reprends tel quel. Tout y est dit et parfaitement dit.

«Une reféodalisation du monde»
par Eliane PATRIARCA et Jean ZIEGLER

"Ecrivain et homme politique suisse, longtemps professeur de sociologie à l'université de Genève, Jean Ziegler est rapporteur spécial de la commission des droits de l'homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation. Son livre l'Empire de la honte (1) a inspiré ce documentaire sur le «marché de la faim» dans lequel Jean Ziegler intervient à plusieurs reprises. (Sur ce documentaire voir aussi le papier du Monde, "Le Marché de la faim" : tir nourri contre l''agrobusiness).

Comment avez-vous travaillé avec Wagenhofer ?

Je connaissais Wagenhofer de réputation, c'est un cinéaste autrichien très connu dans les pays de langue allemande, fortement engagé contre les néofascistes, proche de l'écrivain Elfriede Jelinek. Un soir, il m'a téléphoné : «Je viens de lire votre livre, l'Empire de la honte, et je dois venir vous voir.» On a discuté longtemps. Mais je ne suis ni son conseiller ni l'auteur du script.

Comment décririez-vous son film ?

C'est un film que je trouve tout à fait extraordinaire par son refus de l'émotionnel, un film purement analytique. Sur un sujet aussi noir, Wagenhofer a refusé tout appel à la compassion. Avec quelques images d'enfants au bord de la mort, alimentés avec la nourriture thérapeutique par l'Unicef ou Médecins sans frontières, il aurait pu sans problème faire pleurer les salles. Mais c'est une émotion qui passe. Au contraire, il se place du côté de ces multinationales qui prétendent nourrir le monde et dit : «Voilà ce qu'ils font, et voilà le résultat pour nous et pour les gens affamés.» Et quand le film est terminé, votre conscience se met en mouvement, vous vous demandez : «Qu'est-ce que je pourrais faire ?» Ce pari analytique, un peu austère, est d'une redoutable efficacité.

Dans le film, vous témoignez comme expert sur la faim.

J'explique que selon le Rapport mondial sur l'alimentation 2006 de la FAO (Food and Alimentation Organisation), l'agriculture mondiale a aujourd'hui la capacité de nourrir 12 milliards d'êtres humains alors que nous sommes 6,2 milliards. Cela signifie que pour la première fois dans l'histoire du monde, la faim n'est pas une fatalité : un enfant qui meurt, faute de nourriture, est un enfant assassiné. 850 millions de personnes sont gravement sous-alimentées, dont 70 % de paysans, c'est une des absurdités de la situation.

Pourquoi la faim perdure-t-elle ?

Pour la première fois, grâce à la mondialisation, aux révolutions technologique, électronique et industrielle, nous avons vaincu la pénurie, nous sommes sortis du royaume de la nécessité pour entrer dans le royaume de l'abondance. La tragédie réside dans le fait qu'au moment même où le bonheur serait matériellement possible, nous vivons une reféodalisation du monde, avec une captation de ces immenses richesses nouvellement créées par une oligarchie transcontinentale détentrice du capital financier.

Il n'y a donc pas de pénurie alimentaire ?

Non. La cause de la faim, c'est une répartition aberrante des richesses, c'est la politique de libéralisation des échanges de l'OMC, la politique de dumping agricole de l'Union européenne. Dans le documentaire, l'exemple du Brésil est frappant. Sur 181 millions de Brésiliens, 44 sont gravement et en permanence sous-alimentés, alors que c'est un pays agricole. Le président Lula veut combattre la faim, par la réforme agraire notamment, mais pour cela il faudrait qu'il ait de l'argent ! Or, le Brésil est le deuxième pays le plus endetté du monde. Et qu'est-ce qui peut rapporter des devises permettant de rembourser les intérêts de la dette aux banques des pays du Nord ? La culture du soja, pour laquelle on détruit la forêt amazonienne : 16 000 hectares en 2006. Et c'est ce soja qui va nourrir les poulets européens élevés en batterie. Dernier segment de cette chaîne absurde : les parties nobles (cuisses, ailes) de ces poulets vont dans les supermarchés des pays européens, le reste des carcasses est exporté en Afrique et vendu sur les marchés à des prix de dumping, ce qui détruit la production locale. Grâce aux subventions et aides à l'exportation attribuées par leur gouvernement aux paysans des pays du Nord, sur n'importe quel marché africain, on peut acheter des légumes ou des fruits italiens, français portugais ou espagnols aux deux tiers ou à la moitié du prix de produits autochtones ! Le paysan africain peut bien travailler avec sa femme quinze heures par jour, il n'a pas la moindre chance de conquérir un minimum vital suffisant pour sa famille. Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque exclusivement agricoles, et on s'étonne que des milliers de jeunes Africains risquent leur vie dans l'Atlantique pour débarquer en Sicile ou aux Canaries. Ce sont des réfugiés de la faim.

Vous êtes rapporteur à l'ONU, vous combattez la faim dans le monde depuis des années. Quelle efficacité peut avoir un documentaire ?

Sartre a toujours dit «connaître l'ennemi, combattre l'ennemi». Connaître l'ennemi, le film y contribue puissamment. Ensuite, combattre l'ennemi, c'est le mystère de la liberté libérée dans l'homme. Le film appelle à l'insurrection des consciences."

(1) Ed. Fayard 2005, 323 pp., 20 euros.

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A lire aussi : ce papier du Monde Diplomatique de juillet 2001, écrit par Agnès Sinaï, et intitulé "Enquête sur une stratégie de communication : Comment Monsanto vend les OGM".


L'horreur dans un orphelinat à Bagdad

Le résultat de la guerre en Irak c'est cela aussi : une foule d'enfants abandonnés ou laissés à leur sort par des parents incapables de les nourrir, et des "orphelinats" publics, comme l'armée américaine vient d'en trouver un, qui ne sont ni plus ni moins que des camps de concentration pour enfants.

Les photos qui suivent, extraites d'un reportage de CBS et pour l'une d'entre elles de l'AFP, montrent des gosses de 3 à 15 ans, enfermés dans une pièce sans lumière, nus, attachés pour certains à leur lit, totalement dénutris... alors que de la nourriture existe dans une pièce attenante, nourriture sans doute revendue sur les marchés locaux par des Thénardier du cru.





Pornographie enfantine : des données ahurissantes

Agoravox vient de mettre en ligne un article ahurissant de Charles Bwele sur le chiffre d'affaires de la pornographie, sur la "consommation", l'exposition des enfants à la pornographie....

Sites web pornographiques 4,2 millions (12% de l’ensemble des sites)
Pages web pornographiques 372 millions
Porno-requêtes quotidiennes enregistrées par les moteurs de recherche 68 millions (25% du total des requêtes)
Porno-emails quotidiens 2,5 milliards (8% du total des emails), soit 4,5 porno-emails quotidiens par internaute
Porno-téléchargements mensuels 1,5 milliard (35% du total des téléchargements)

Le plus écoeurant a trait à la pornographie enfantine. L'auteur du même article écrit ceci en conclusion de son papier : "cette activité produit plus de 3 milliards de dollars de recettes annuelles ! En effet, plus de 100 000 sites Web pédophiles (visibles) ont été recensés. Le réseau peer-to-peer Gnutella enregistre quotidiennement près de 116 000 requêtes à caractère pédophile. Dans les chat rooms, l’angoisse règne : 89% des sollicitations envers des mineurs sont ouvertement sexuelles.

Par ailleurs, les teenagers sont massivement et précocement exposés à la cyberpornographie, c’est-à-dire vers 11 ans. Pire : les 12-17 ans sont les plus gros consommateurs de X en ligne, 90% des 8-16 ans se connectent « at home »... à l’heure des devoirs ! 26 icônes qu’affectionnent les p’tites têtes (Supermario, Pokémon, Action Man, etc) masquent parfois des hyperliens porno.

Si les filtres parentaux semblent aussi limités que leurs équivalents anti-spam, la meilleure solution consiste encore à paramétrer ceux-ci à leur niveau maximal. En Amérique du nord comme en Europe, la quasi-totalité des FAI fournit des logiciels anti-cyberporno relativement efficaces qui bloquent 80 à 90% des contenus explicitement sexuels.

Ranger ses émotions devient quasiment impossible lorsqu’il s’agit de la protection des enfants... Néanmoins, il est impératif que les parents trouvent un savant compromis entre la préservation de l’intimité et la protection de leur progéniture grâce à la prévention."



Enfants des rues : une autre façon de moins les voir


Cette photo trouvée sur le net par creativecriminal.blogspot est ahurissante :  vie d'un enfant des rues deux fois volée, par la misère et par un bout de journal qui lui donne un visage de substitution. Sous l'image du poupon, bien soigné et en train de dormir, un môme virtuel, sans identité, dont on peut imaginer qu'il a sniffé de la colle pour oublier, calmer les douleurs de la faim...

La composition est terrifiante en elle-même. Elle l'est aussi par ce qu'elle révèle du rôle de la presse et du brouhaha dans lequel on baigne : informations aussitôt emportées par le vent, usées, qui finissent à la décharge, et qui créent une autre réalité que la réalité.

On a beau jeu de s'étonner du goût des romains pour le cirque ou de certaines obsessions d'autres cultures que la nôtre. Le monde, nous, nous le regardons à travers un trou de serrure : focalisation et gros plans sur les accidents d'avions, de trains, sur Ben Laden, sur les cris haut et fort de tels ou tels pantins ou bateleurs à la télé et dans les journaux... et le reste, tout le reste, est en zone d'ombre, n'existe pas. Ou si peu.

Aujourd'hui, sur la première page de Yahoo.fr, dans la rubrique "Actualités", une sélection des sept informations essentielles du jour. La 6ème, cruciale, est celle-ci:

Jude Law de nouveau avec Sienna Miller ?
Par public.fr : le site pipole incontournable (sic!)
Et c'est reparti pour un tour ?
Extrêmement complexe de s'y retrouver dans le labyrinthe des aventures amoureuses de Jude Law ou de Sienna Miller ! Après avoir été ces derniers temps en permanence avec son ex femme, Sadie Forst, Jude serait une nouvelle fois tombé dans les filets de son ex fiancée Sienna. La jolie comédienne a d´ailleurs rompu avec l´acteur Hayden Christensen... S'agira-t-il d'un nouvel épisode sans suite ?

Pour ma part, rien à battre de Senna Machin de l'Idaho ou du Wisconsin et de savoir s'il couche ou non avec Barbara Trucchose  du Texas !

Tant d'inconsistance au top de l'actu, c'est à se demander dans quel monde on est  : ce n'est plus la presse qui fait l'opinion, c'est l'opinion qui fait la presse et les grands portails internet, c'est elle qui en est le rédacteur en chef et le directeur du marketing.

Information de lobotomisés pour lobotomisés.

Et voile sur ce qui dérange, notamment ces ribambelles de petits bouts d'hommes jetés sur les trottoirs de grandes villes.

Un jour j'ai demandé à une colombienne qui venait en France pour la première fois ce qui l'avait le plus étonnée : "Ici, m'a-t-elle dit, les chiens ont des manteaux" ! Effectivement ! Ils ont même des aliments vitaminés. C'est bon pour leur santé.

Des yeux d'enfant

Trouvé cette photo chez Lexeul :

Des yeux qui disent tout. Si petit et déjà confronté à l'indifférence. "Push" marqué au dessus de la tête. Un peu au-dessus, Mastercard. Et reflet d'une non-vie dans la glace.

Rajout du 25 avril, suite à un message de Lexeul : la campagne en faveur de ces enfants, organisée par Grey India, est visible sur creativecriminal.blogspot .

Il y a plus de 20 millions d'enfants qui mendient chaque jour en Inde !

Chez Lexeul encore, un lien vers le ministère de la Santé suédois que j'avais vu et oublié de relever : on y montre comment on trafique l'image des femmes dans les magazines féminins (cherchez dans la page le lien Retouch ad >>, et regardez) : taille en moins, seins corrigés et gonflés, couleur des yeux changée, dents blanchies, cernes gommées, peau lissée... Merci Cosmopolitan !

"Est ce que ce monde est sérieux ?" a chanté  Cabrel.

Voteriez vous pour eux s'ils étaient handicapés ?

Un papier, juste pour le sourire d'un gamin handicapé, et pour saluer aussi le courage de sa mère et de ceux qui veillent sur ces enfants, leur vie, leur avenir.


Les 12 candidats, 2007
envoyé par Orangienne

L'idée est venue d'Hervé Resse, et ça se passe chez Catherine. Si vous avez envie de faire un lien ou un papier, n'hésitez pas !

Quelques mots piochés au hasard sur ce blog qui vaut vraiment le détour :
"J'ai longtemps cru que le net, c'était comme dans la vie, à savoir : tout le monde s'en fout !
Je me trompais sur tous les plans :
Plus je donne, plus je reçois !
Plus je vais vers les autres, plus je suis accueillie !
Plus j'explique, plus je suis comprise !"

Enfants soldats : des enfants qui rêvent juste d'être des enfants

Amnesty international a lancé en février dernier une campagne d'affichage contre l'utilisation des enfants dans les conflits. Textes laconiques sur la page d'Amnesty consacrée à ce sujet. Et scènes ahurissantes sur les affiches de cette campagne : enfants jouant au foot avec un crâne, ou aux osselets avec des vertèbres humaines, ou jouant encore à se balancer sur un gibet à côté de pendus...