Deux excellents papiers sur la burqa et le niqab

L'Express et Le Monde viennent de publier deux excellents papiers sur la Burqa. Deux papiers qui vont à l'essentiel:
- L'Express : "La burqa est un accoutrement sectaire",
- Le Monde : "Et si l'on allait en voile à la gay pride ?"

Burqa : la partie émergée du wahhabisme et du salafisme

Pour comprendre ce que représentent la burqa ou le niqab, et tout ce que ces vêtement induisent aussi, le mieux est de laisser parler des saoudiennes. Le journal "Le Soir d'Algérie" l'a fait dans un papier intitulé "Les nouvelles conditions de Wajiha", sous la plume de Ahmed Halli. A la lecture de ce papier, on comprend mieux ce qu'est le salafisme et la place que cette secte, au sein de l'islam, donne à la femme : c'est à dire rien.

Les origines judéo chrétiennes de l'islam

Les études documentées, argumentées, sur les racines de l'islam, sa génèse, sur la "révélation" du Coran, et sur ce qui est la troisième grande religion monothéiste, sont vraiment très rares. D'où le choix de s'arrêter ici sur le travail d'Edouard Marie Gallez et en particulier sur l'interview qu'il a donné dans la revue Objections (n°2) à Guillaume de Tanoüarn et Romain Keller. Interview Intitulé : "Du nouveau sur les origines de l’islam : quand la conquête est un outil pour le Salut de la Terre."

Le texte de cet article, repris intégralement ci-après, est un peu long.Mais il vaut vraiment qu'on s'y arrête.

La question des origines de l’islam est une question tabou. Aussi curieux que cela puisse paraître, les chercheurs occidentaux, même marxistes ou athées, s’en sont tenus souvent à la légende musulmane d’un Mahomet, qui, partant de Jérusalem, est monté au ciel pour aller chercher le Coran avant de revenir en Arabie sur la jument ailée, qui lui avait déjà servi de moyen de transport à l’aller. Edouard-Marie Gallez vient de soutenir une longue thèse, où il fait le point de tout ce que la recherche vraiment scientifique sait des origines de l’Islam mais aussi sur les textes de la mer Morte (Le Messie et son prophète. Aux origines de l’Islam, 2 tomes, éditions de Paris, 2005, tome 1 : De Qumrân à Muhammad, 524 pages/tome 2 : du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire, 582 pages). Il propose, après plusieurs grands chercheurs, d’explorer de manière systématique la piste de l’origine judéo-chrétienne de l’Islam. De recoupements en découvertes, on peut dire que son travail s’impose à la considération de toute la communauté scientifique.

Les intégristes et leur problème avec la femme

Très intéressant article de Tahar Ben Jelloun dans "le Monde", sous le titre "Afghanistan : l'opium et l'obsession de la sexualité féminine". Extraits :

"Ah si l'on pouvait satisfaire les désirs les plus complexes et pervers des fanatiques dans le monde ! Les uns veulent posséder la femme contre son gré, les autres interdisent la contraception et le préservatif. Ils sont tous obsédés par la femme.

Si dans le monde les femmes se battent pour préserver leur dignité et améliorer leur condition, certains Etats comme l'Afghanistan viennent en aide aux hommes en proposant un projet de loi obligeant la femme à se donner à son mari même s'il est éjaculateur précoce, s'il a mauvaise haleine ou si, tout simplement, il ne fait naître chez elle aucun désir. Contre la répulsion, le viol.

Les intégristes ont un vrai problème avec la femme, avec le sexe de la femme. Que ce soit dans le judaïsme, le catholicisme ou l'islam, l'intégrisme tremble devant le corps de la femme, a peur de son sexe, et réagit avec la violence du frustré ou du perturbé par la sexualité. Tout tourne autour de cela. On ne comprend rien des motivations des intégristes si on n'intègre pas cette dimension essentielle de leur psychologie et de leur existence.

Cela se traduit par le port du voile, de la burqa ou de la djellaba. La femme doit être cachée, invisible, éloignée des regards et de la vie. L'homme dit "ne touche pas à ma femme, à ma fille, à ma soeur, à ma mère !". Autrement dit, "ce corps m'appartient et personne n'a le droit de s'en approcher !". Il faut être mal dans sa peau pour s'approprier ainsi le corps des autres. Et pour justifier cette mentalité, il a recours à la religion, qui elle, au fond, ne lui donne pas ce droit, même si toutes les religions ne sont pas très justes avec la femme..."

La médisance

Trouvé chez Ardalia ce lien vers un magnifique billet d'Otir sur la médisance. Je le reprends tel quel :

Il était une fois un homme qui dit à ses voisins des choses méchantes sur le rabbin.

Plus tard, il se sentit très mal d’avoir médit et il supplia le rabbin de le pardonner. 
Le rabbin répondit qu’il accorderait son pardon à l’homme … si celui-ci perçait un oreiller de plume et laissait celles-ci s’envoler au vent.

L’homme fit ce que le rabbin lui demandait et, alors qu’il s’exécutait, les plumes s’envolèrent dans toutes les directions. Certaines volèrent au-dessus des maisons, d’autres empruntèrent les rues, ou atterrirent dans des buissons. Il y en eu même qui disparurent complètement.

« Vas-tu me pardonner maintenant ? » demanda l’homme. 
 « Oui, je vais te pardonner », répondit le rabbin, « aussitôt que tu auras recueilli toutes les plumes. » 
« Mais c’est impossible ! » s’écria l’homme en montrant du doigt les toits, les rues, les arbres et les buissons. 
 « Tu as raison », répondit le rabbin, « quand on dit du mal de quelqu’un, le mal se répand comme ces plumes, dans toutes les directions. Il est impossible de récupérer complètement ce qui a été dissipé. »

Vers une automatisation prochaine du confessionnal dans les églises

Le manque de vocations sacertodales se traduit par des changements notables dans les églises, notamment au travers de tests de confessionnaux automatiques, en Espagne, aux Etats-Unis et très prochainement en France.


Peur de son ombre

Au hasard des circulations sur le net, il arrive parfois que l'on soit touché par un texte, par quelques mots assemblés qui prennent pour soi une particulière résonnance. C'est ce qui s'est passé en découvrant ce texte de J moins 99, texte qu'il a bien voulu m'autoriser à reproduire intégralement :


"Et Dieu est plus beau que les chemins qui mènent à lui
Et ceux qui se perdent dans sa recherche ne reviennent pas
pour se perdre dans une autre perte. Ils savent ...
qu'il arrive parfois ce qui n'arrive pas ...
Que le chemin lui-même est le début de la voie vers la voie
et que la voie peut aboutir sur le début du chemin impossible
éternelle quête des qualités de celui qui n'en a pas
ô homme de boue
l'ombre n'est que le non-lieu de la lumière :
"فلا أنتَ إلاّ أنتَ"
Et Dieu est plus beau que les chemins qui mènent à lui ...
"ولا أنا إلاّ أنا ، ولا أنتَ إلاّ أنتَ"

Étonnant paradoxe de la lumière qui nous permet de voir le monde, d'envisager les visages les corps et les objets, mais qui en même temps dérobe à nos yeux le spectre de ses couleurs. Indigo, violet, bleu, vert, jaune, orange, rouge, ocre ... fantômes impalpables sans ombres qui donnent à voir !"

Taliban chrétien

Le lien vers la video qui suit et le titre de ce post proviennent d'Embruns.net . J'ai repris le titre tel quel, parce qu'il s'agit d'un titre suffisamment fort et choquant pour capter l'attention. Au demeurant, il montre un cinglé comme on en a, nous aussi, en occident.

L'analyse que fait Laurent Gloaguen sur son site ne me convient pas tout à fait. L'opposition entre athéisme et religion est réductrice. Il y a mille formes d'athéisme. Le mot "religion", pour sa part, est un mot fourre-tout, un mot aussi flou, aussi général, que le mot amour, lequel peut désigner des réalités très contrastées.

Le monde "religieux" n'a rien d'homogène ou de monolithique. Pour être caricatural, il inclut :
- des forcenés, véritablement bons à enfermer comme l'olibrius de la video,
- des dingues dangereux pour eux-mêmes, pour leurs enfants, des croisés aussi,
- des croyants en nombre qui adhèrent peu ou prou à ce qui semble être des sornettes pour les croyants d'autres religions,
- des clercs, des "théologiens", au cerveau conditionné, qui font la mise en musique,
- ...et puis, aussi et surtout, des êtres d'exception, véritablement spiritualisés et à la compassion agissante. 

A un bout de la chaîne, les croyances s'excluent, s'opposent, sont prétextes à rivalités et à conflits. A l'autre bout, de rares êtres font rigoureusement les mêmes expériences personnelles, les décrivent et les partagent parfois avec les limites de leurs propres mots et de leurs références à leur propre culture : comme l'a dit un mystique musulman, l'eau prend la couleur du vase qui la contient. Mais il s'agit bel et bien de la même eau.

Dans toutes les religions, juive, chrétienne, musulmane, hindoue... on retrouve l'humanité condensée. Et s'il y a, "inclination naturelle au fanatisme", c'est simplement une inclination de l'humanité, pas des religions qui en l'occurrence servent seulement de support ou de prétexte. Au siècle dernier, les courant les plus meurtriers et les plus fanatiques, le communisme et le nazisme, étaient sans base "religieuse". Quant à l''intégrisme musulman contemporain, il est d'abord un fascisme mâtiné de "nationalisme" avec des causes politiques parfaitement identifiables.

Les grandes religions n'ont souvent de religieux que l'appelation. Ce sont avant tout des traditions qui se sont construites à partir d'un héritage qu'elles ont transformé, déformé, instrumentalisé. Elles se sont toutes humanisées et dévoyées par là-même en moyens de pouvoir politique et ou d'emprises sociale et  psychologique. 

Je ne sais pas ce qu'a voulu dire Malraux quand il parlait d'un XXIème siècle qui serait religieux ou pas. On peut simplement constater :
- une prolifération de "gourous", de  "prophètes" en tout genre, de sectes aussi et, en contrepoint, une demande plus pressante de spiritualité,
- et surtout une prise de conscience encore assez informe de la responsabilité de chacun pour assurer la survie collective. A de grands courants d'idées très médiatisés (la lutte contre la pollution) et à de tous petits gestes individuels (la personne qui refuse de jeter son huile de vidange dans la nature, ou de mettre de la soude pour déboucher son évier...), il est évident que les hommes commencent à intégrer petit à petit qu'ils sont "reliés" aux autres hommes. La religion c'est en partie cela : c'est peut-être simplement de savoir qu'aucun de nos actes ne peut être sans effet et que le tort individuel ou collectif fait à autrui est tout autant un tort fait à soi-même.

 

Conférence à Jérusalem sur le futur du peuple juif : rien sur la paix !

L’ancien grand rabbin de France, René Sirat, convié à Jérusalem à une conférence sur l’avenir du peuple juif , est apparemment l'un des rares participants qui se soient élevés contre l’absence de débats sur la question de la paix, rapporte le quotidien israélien Haaretz.

La conférence, organisée par l’Institut de planification pour le peuple juif, a discuté notamment des moyens de combattre l’antisémitisme et du risque d’une perte de la majorité juive en Israël. La question de la paix avec le monde arabo-musulman n’était pas à l’ordre du jour. Rien dans les débats ! Rien dans le discours du premier ministre, Ehud Olmert ! « C’est incroyable. La paix serait-elle devenue un mot grossier ? Comment peut-on planifier le futur du peuple juif sans traiter de la question de la paix ? » s’est insurgé l’ancien grand rabbin.

Effectivement incroyable !

Un Juste s'en est allé

 

Dans certaines traditions, il est dit que le monde ne sera pas détruit tant qu'il s'y trouvera au moins un Juste. L'abbé Pierre en était un. Ce petit bonhomme tout simple incarnait la compassion, la charité agissante et le service des hommes les plus faibles et les plus démunis.

Au soir de sa vie, le prêtre chiffonnier évoquait la mort comme "une impatience" : "La mort, c'est la sortie de l'ombre. J'en ai envie. Toute ma vie, j'ai souhaité mourir". Des mots qui font penser à ces vers de Rumi :

"Au moment de la mort, quand l'âme quitte le corps
Elle le laisse comme un habit ancien,
Elle redonne à la poussière ce corps qui était poussière
et façonne un corps fait de sa propre lumière ancienne."

Une sacrée belle lumière a dû s'allumer quelque part.

 

George W. Bush et Dieu : une relation étroite

George W. Bush, c'est un peu Jeanne d'Arc : on oublie trop souvent que Dieu lui a parlé, en tout cas, c'est lui qui le dit. D'ici à ce qu'on nous le canonnise un jour !

Le journal libanias L'Orient-Le jour (excellent au demeurant !), à la veille de prochaines décisions sur l'Irak, rappelle aujourd'hui dans un édito de Christian Merville, intitulé "dernière cartouche", quelques hallucinations mystiques du président de la première puissance mondiale.

"George W. Bush, ou l’homme à qui Dieu murmure à l’oreille ce qu’il doit faire... L’événement, qui avait sombré dans les replis d’un bienfaisant oubli, mérite d’être rappelé. Juin 2003, soit trois mois après le déclenchement de la funeste opération « Shock and Awe » : devant les dirigeants palestiniens Mahmoud Abbas et Nabil Chaath qu’il reçoit dans le bureau Ovale, le quarante-troisième président des États-Unis se laisse aller à d’étranges confidences, notamment sur ses rapports avec le Tout-Puissant. « Mes missions me sont dictées par Dieu. Il m’a dit : “Va combattre ces terroristes en Afghanistan” et je l’ai fait. Il m’a dit encore : “Va mettre un terme à la tyrannie en Irak” et je me suis exécuté. Aujourd’hui, j’entends de nouveau Ses mots : “Obtiens pour les Palestiniens un État, pour les Israéliens la sécurité, et la paix pour le Moyen-Orient” et par Dieu, je vais le faire. » Au vu des suites données à tous ces engagements, il faut espérer, à quelques heures de l’annonce d’un plan destiné à imprimer une nouvelle orientation à la guerre en Irak, que la nouvelle promesse sera, cette fois, suivie d’effet."

Il y a des gens qui pensent, dur comme fer, que c'est le sheitan (satan) qui a murmuré à l'oreille de Bush. Mais chut ! ceux là sont persuadés de leur côté que c'est à eux et à eux seuls que Dieu parle.

C'est fou ce que Dieu devient audible quand on a des armes dans les mains !

 

Islam et modernité : petits moments de rire

Trouvé sur le blog de Mry  cette photo totalement incongrue de musulmans en train de prier face à un magasin de lingerie féminine.  Le post qui accompagne la photo est intitulé très judicieusement Sainte Chantelle.

On sent qu'ils n'ont pas voulu abandonner le magasin et ils ont de surcroît le nez carrément sur la marchandise. Compte tenu de la rigueur des musulmans pour ce qui concerne la prière (orientation physique, abandon des pensées profanes etc), on ne peut pas s'empêcher de rire, de bon coeur.

Petit chef d'oeuvre enfin d'irrévérence, cette video sur la burka de Groland.

Quand on connaît le monde musulman - y compris les pays où l'islam n'est pas vécu de façon archaïque - et quand on sait surtout la surveillance très étroite dont les femmes font l'objet, la demande finale du père qui vient d'autoriser sa fille à sortir seule (pour des raisons médicales) est à hurler de rire.


Enfin un pays où la liberté de penser est absolue : l'Iran

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est un homme injustement décrié et vilipendé. Accueillant les invités de la "conférence" sur l'holocauste organisée dans son pays, il leur a déclaré : "L’Iran est votre pays et le pays de tous les libres penseurs."

La liberté de penser est effectivement centrale en Iran. Pour veiller d'ailleurs à ce que cette liberté reste totale, elle est même très scrupuleusent et très strictement encadrée et gardée : pendaisons, coups de triques, prison... On ne badine pas avec cette liberté.

Les femmes, les jeunes, les baha'is, les soufis, les minorités religieuses, les homosexuels sont parfaitement libres de penser en Iran. Totalement et absolument libres de penser.

Ni plus, ni moins.

Cela ne veut pas dire qu'ils peuvent en plus vivre ce qu'ils pensent. Ce serait trop : comme le disait Pompidou, "quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites".

Bon ! Comment fait-on quand on a en même temps une terrible envie de rire et une irrépressible envie de pleurer ?


"Affaire" Robert Redeker : Vite une fatwa contre Beaumarchais et le Figaro :-)

Un commentateur plein d'esprit, et manifestement cultivé, M. Courouve , a laissé ici le commentaire suivant sur Beaumarchais. Il contredit de manière irréfutable un autre commentaire affirmant que la devise du Figaro "Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur" était de Sainte-Beuve. La réponse de M Courouve est drôle : elle permet tout simplement d'affirmer que Beaumarchais, l'auteur de cette phrase, mériterait post-mortem une fatwa. Encore un !

"La citation était bien de Beaumarchais (XVIIIe) et non de Sainte-Beuve (XIXe) :

« Je me jette à corps perdu dans le théâtre ; me fussé-je mis une pierre au cou ! Je broche une comédie dans les mœurs du sérail ; auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l’instant un envoyé … de je ne sais où se plaint que j’offense dans mes vers la Sublime Porte [les Turcs], la Perse, une partie de la presqu’île de l’Inde, toute l’Égypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d’Alger et de Maroc : et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l’omoplate, en nous disant : « chiens de chrétiens » ! Ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant. […] Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours […] je lui dirais … que les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux où l’on en gêne le cours ; que sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. […] pourvu que je ne parle en mes écrits, ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. »

De Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (1784), V, iii."

Rien à redire. C'est drôle. C'est tout à fait actuel, en particulier sur la censure ou l'autocensure : opéra de Mozart "Idoménée", par le Deutsche Opera de Berlin, ou bien aux Etats-Unis "My Name Is Rachel Corrie" , une pièce écrite à partir du journal intime d'une jeune fille americaine assassinée par l'armee israelienne pièce sur laquelle pèse un absolu black out comme me le signale un autre commentateur.


Robert Redeker n'est pas Salman Rushdie. Ses propos ont des relents de racisme !

Je suis allé sur le blog de M Courouve . J'y ai vu une référence àmon sens tout à fait excessive à Salman Rushdie, à propos de Robert Redeker. Il faut certes condamner sans équivoque les menaces de mort dont ce prof a fait l'objet. Il est évident qu'il n'y a pas à transiger avec la liberté de penser et la liberté de dire... jusqu'à un certain point : en l'espèce le racisme ou l'incitation non équivoque à la haine et au mépris pour des motifs religieux ou d'appartenance à une communauté.

Outre le papier tout à fait remarquable d'Antoine Sfeir dans le Figaro, "Non à ceux qui règnent par la terreur sur la pensée musulmane",  papier publié le même jour que celui de Robert Redeker et incontestablement d'une autre teneur et d'une autre ampleur de vue, Il n'est pas inintéressant de lire  ce papier diffusé le 1er octobre dernier par le quotidien algérien La Nouvelle République, sous la plume de Pierre Tévanian :


Dix remarques sur un «collègue»

Réflexions sur «l’affaire Redeker»


Les articles et dépêches sur les «menaces de mort» qu’aurait reçues le «prof de philo Robert Redeker» suite à une «tribune sur l’Islam» publiée dans Le Figaro, inspirent, au «prof de philo» que je suis moi aussi, les réflexions suivantes :

1. Il va de soi que de telles menaces sont injustifiables. Rien ne justifie ni la mise à mort, ni même le recours à des simples menaces, contre qui que ce soit, quels que soient les griefs qu’on peut concevoir.

Y compris si ces griefs sont fondés.

2. Les propos racistes, pas plus que n’importe quel crime ou délit, ne justifient ni la mise à mort ni les menaces de mort. Ils se combattent judiciairement (en portant plainte), idéologiquement (en produisant et en diffusant un contre-discours argumenté) et politiquement (en organisant des actions collectives de protestation, de sensiblisation ou de boycott). Je parle à dessein de propos racistes : comme certaines des caricatures danoises, comme le pamphlet d’Oriana Fallacci intitulé La rage et l’orgueil, l’article de Robert Redeker qui semble avoir provoqué les menaces de mort va bien au-delà du droit à mes yeux inaliénable à la «critique des religions» ou au «blasphème». Cet article relève du pur et simple racisme. Il ne cesse d’essentialiser deux «blocs» homogènes qui ne correspondent à aucune réalité, «l’Occident» et «l’Islam», au mépris de la diversité des courants, des évolutions, des tensions, des conflits et contradictions internes qui traversent depuis toujours ces deux «entités». Il hiérarchise ces deux «essences», l’Occident incarnant ce que l’humanité a produit de meilleur, et l’Islam incarnant le pire. «Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine» [sic !] D’un côté, une «ouverture à autrui, propre à l’Occident» [sic !] qui «se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi» [sic !] De l’autre, «l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.» ! Robert Redeker conclut enfin en soulignant bien, pour les lecteurs qui n’auraient pas compris ses sous-entendus, le lien qui s’impose entre phobie de «l’Islam» et phobie des musulmans : «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». On ne saurait être plus clair : c’est bien tout musulman qui est sous-éduqué et donc sous-humanisé, ou pire : éduqué et humanisé sur un mode pervers, dans un système de normes régi par la haine et la violence.

3. Robert Redeker n’est pas, en matière de racisme anti-musulmans, à son coup d’essai. En novembre 2001, déjà dans Le Figaro, il essentialisait déjà «l’Islam», présentait cette «essence» comme fondamentalement mauvaise («l’idéologie la plus rétrograde», «une régression barbarisante») et soulignait déjà aussi le lien entre phobie de l’Islam et phobie des musulmans, en affirmant que «l’Islam installe au plus intime de chaque musulman la paralysie de l’intelligence».

4. Au regard de la violence raciste de ses écrits, on peut à bon droit s’étonner que M. Redeker n’ait pas été jusqu’à présent convoqué devant les tribunaux. On peut à tout le moins s’étonner que les autorités académiques n’aient pas suspendu, pour d’évidentes raisons d’ordre public autant que d’éthique pédagogique, ce provocateur irresponsable. Les écrits de ce monsieur sont en effet en tous points contraires avec les principes de liberté, d’égalité et de fraternité censés animer l’école de la république. Des propos équivalents à ceux de Robert Redeker sur les Juifs («Le judaïsme installe la paralysie de l’intelligence au plus intime de chaque juif» ; «Jésus est un maître d’amour, Moïse est un maître de haine», «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout juif est éduqué, la Torah») vaudraient sans doute, et à juste titre, à leur auteur une suspension immédiate. On est en droit d’exiger de l’institution la même intransigeance avec le racisme anti-musulman.

5. Si Robert Redeker n’a pas sa place à l’école publique, il déshonore aussi, plus spécifiquement, la corporation des professeurs de philosophie. Notre discipline est en effet censée former nos élèves à la réflexion, à la rigueur conceptuelle, au refus des généralités, des amalgames et des préjugés. Loin, très loin du «doute hyperbolique» de Descartes, de la passion nietzschéenne pour les «nuances», du questionnement et du «Je sais que je ne sais pas» de Socrate, Robert Redeker se dispense de toute interrogation, de tout doute et de toute nuance, et véhicule sans le moindre complexe les pires stéréotypes. Doublement ignorant, ignorant sur «l’Islam» et ses innombrables déclinaisons, et ignorant de sa propre ignorance, il nous gratifie du «Je les connais, moi» qui est le cri de ralliement de tous les racistes. Il les connaît, lui, les musulmans. Incapable de cet élémentaire bon sens qui comprend que «l’Islam» n’est pas un bloc homogène, pas plus que «l’Occident», Robert Redeker n’est pas non plus capable de faire la différence entre un leader religieux et un simple fidèle, entre un pratiquant ordinaire et un fanatique, entre une autorité politique et une population civile. Il ne connaît qu’un seul personnage : un personnage spectral, aux contours étonnement fluctuants, qui se nomme «l’Islam», et dans lequel viennent se fondre tous les musulmans, quelle que soit leur obédience, leur école, leur statut social, leurs options idéologiques, leurs actes. Le «philosophe» ne recule pas même devant des sophismes aussi grossiers que celui-ci : l’interdiction du string sur les rives de Paris-Plage cet été découlerait d’une «islamisation des esprits» !

6. Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ? On serait tenté de rire de la bêtise de tels propos, s’ils ne venaient mettre de l’huile sur le feu en se surajoutant à un avalanche quasi-quotidienne de sarcasmes ou d’injures à l’égard de «l’Islam» et des musulmans, sur fond de précarité sociale et de discriminations en Europe, de misère, de dictatures et d’«Ordre Mondial» oppressif au Maghreb et au Moyen-Orient. Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas haïr, mais comprendre, disait un authentique philosophe, nommé Baruch Spinoza. Posons nous donc quelques questions : quel intérêt un Robert Redeker trouve-t-il à publier de telles invectives ?

7. Une première piste, psychologique et sociologique, figure dans l’astucieux et souvent désopilant roman publié par «Y.B.» en 2002 et intitulé Allah Superstar. Dans ce roman, qui s’avère chaque jour un peu plus visionnaire, le narrateur est un jeune banlieusard qui se dit lui-même «d’origine difficile» et «musulman pratiquement». Nourri de culture télévisuelle, il découvre que le chemin le plus court vers les «15 minutes de célébrité» dont parlait Andy Warhol n’est pas la Star Academy mais une espèce d’Islamophobic Academy : une provocation antimusulmane, qui provoquera immanquablement un tollé médiatique, suivi d’une fatwa ou de menaces de mort, à leur tour surmédiatisées, et voilà comment, du jour au lendemain, n’importe quel galérien se retrouve sous le feu des projecteurs, élevé au rang de héros de la liberté d’expression. Tel n’est-il pas le plan de carrière qui a assuré le succès d’Oriana Fallacci aussi bien que celui de Jack-Alain Léger, Michel Houellebecq, Chahdorrt Djavann et maintenant Robert Redeker : des tâcherons sans talent, écrivains médiocres et (à l’exception de Michel Houellebecq) médiocrement connus et appréciés du public comme de la critique, qui finissent par s’offrir une petite heure de gloire à peu de frais en publiant un brulôt islamophobe ?

8. Une autre piste est politique, et je laisse la question ouverte : quel intérêt a-t-on à souffler sur les braises et à provoquer ainsi à la haine antimusulmane ?

9. À l’heure qu’il est, la police se charge d’assurer la sécurité de Robert Redeker. Des enquêteurs tentent de retrouver la trace, pour le sanctionner, de l’auteur du mail de menaces. Cette mobilisation policière est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. L’éducation nationale doit prendre ses responsabilités. Les associations antiracistes doivent prendre les leurs. Chaque acteur du système médiatique doit s’interroger sur la complaisance dont ce système a fait preuve jusqu’à présent à l’égard de l’islamophobie, qu’elle soit militante ou histrionique. Enfin, chacun d’entre nous, musulman, chrétien, juif, athée, agnostique, doit s’astreindre à la vigilance, à l’effort de comprendre et au courage de parler, afin de débusquer le racisme partout où il s’insinue, et de le combattre par les seuls moyens éthiquement défendables et politiquement efficaces : le droit, la pensée et l’action politique.

10. Tous, enfin, méditons cette question que posait le jeune Marx : «Qui éduquera les éducateurs ?»


xxx

Montaigne, reviens !

Face à la cacophonie sur le net qu'a provoquée le papier d'un prof sectaire et plutôt obtus dans le Figaro, j'avais envie d'écrire un papier intitulé : "Montaigne, reviens !". Ce matin, j'ai eu la chance de découvrir le commentaire qui suit sur un précédent post. Ce que j'ai lu me paraît tellement évident et clair que je préfère le partager. Je n'en connais pas l'auteur. J'espère qu'il me pardonnera cette utilisation des ses mots.

"Il faut quitter, au moins de temps en temps, le terrain des exégèses, de la théorisation et de l'intellectualisation!

Les religions ne vivent que par ce que les hommes et les femmes en font.

6 milliards d'humains sur terre. Parmi nous, plus d'un milliard de musulmans, plus de deux milliards de chrétiens, plus d'une quinzaine de millions de juifs, des centaines de millions de bouddhistes et d'hindouistes, plus d'un milliard d'athées et de non croyants, et des centaines de millions d'autres encore.

Respecter la diversité et intégrer ce qui est bon; rejeter ce qui est mauvais. Voila ce qui compte. Pas de théoriser.

Rester humble. Les islamistes sont musulmans, mais ce ne sont qu'une infime partie des musulmans. Comme les mafieux de Sicile sont catholiques, et comme les témoins de Jéhovah se réfèrent à la Bible. Les Témoins de Jéhovah nous apprennent que l'être humain n'est pas à l'abri de faire dire n'importe quoi à la Bible. Les mafieux nous apprennent qu'on peut très bien aller à l'église tous les dimanches et le reste du temps organiser le crime. Les terroristes islamistes combinent les deux, faire dire n'importe quoi au Coran et organiser le crime.

Que ceux d'entre nous qui prient, prient pour que cela cesse. Et que ceux qui agissent, chassent le crime et le terrorisme, avec fermeté, avec audace, et avec prudence face au danger.

La philosophie, la liberté et la presse ne valent que par ce que les hommes et les femmes en font. Prenez un costume gris, enlevez tous les fils blancs et vous direz qu'il est noir; mais si vous enlevez tous les fils noirs, vous pourrez dire qu'il est blanc. Quand un petit intellectuel, agrégé de philo, publie dans un grand journal un discours indigne et pervers, quand il prête sa voix à des assertions stupides et provocatrices, il ne mérite certes pas la mort; mais le pilori, oui! Et les patrons de rédaction qui ont donné leur accord devraient être à ses côtés!

En déclarant que le fondateur de l'Islam est un maître de guerre, cet intellectuel validerait donc la lecture du Coran faite par les islamistes! Mais si on poursuit le raisonnement, le fondateur ne doit pas être un maître très bien suivi par ses fidèles, car le nombre d'islamistes est quand même infime par rapport au nombre de musulmans. Et on voudrait que la majorité des musulmans accepte avec sérénité un pareil sophisme? N'est-ce pas beaucoup demander?

Nos vies ne valent que par ce que nous en faisons. Les hommes et les femmes de bonne volonté n'appartiennent pas à une religion, ils sont la majorité du monde. Quand nous théorisons sur la valeur comparée de nos racines, nous nous perdons nous-mêmes parce que nous entrons dans un débat stérile et pervers. Quand nous unissons nos efforts pour progresser, nous gagnons.

C'est aussi simple que cela. Assez de théorisation."

Religions à la lettre et intolérance : un texte fort drôle

Information délirante ce matin : le prof qui a écrit dans le figaro le papier intitulé "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre? " a été menacé de mort et placé sous protection dans un endroit secret. Il persiste et déclare : " ce qui m'est fait correspond tout à fait à ce que je dénonce dans mes écrits : l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique de l'islam".

Il n'a toujours pas compris la différence entre islamisme et islam : entre une forme de fascisme et la religion que celui-ci essaie de monopoliser et d'instrumentaliser, un fascisme qui est une plaie, une gangrène et un drame d'abord dans les pays musulmans où la population souffre au quotidien : guerre civile en Algérie pendant des années qui a fait des dizaines de milliers de morts, agressions et menaces avec couteaux dans les rues à Casa  pour que les femmes portent le voile, pressions dans les familles dans toute l'Afrique de la part des nouveaux "convertis"… Les premières victimes de ces fous sont d'abord les musulmans et il est totalement et absolument stupide de mettre dans un même sac victimes et bourreaux.

L'intégrisme, le fanatisme, le sectarisme, la violence ne sont certainement pas l'apanage de l'islam, mais celui de courants internes à toutes les religions, courants qui oublient l'essentiel, l'esprit, pour se radicaliser sur la lettre et en arriver à de monstrueux contresens dont la condamnation et la négation de l'autre, celui qui ne pense pas comme soi.

Ce matin en circulant sur le net, à la recherche de réactions aux écrits de ce prof, je suis tombé dans un forum, Libéraux.org, sur un texte à mourir de rire. Difficile de faire mieux et aussi court sur l'intolérance et sur les monstruosités que peuvent professer les " spécialistes" de telle ou telle religion.

Ce texte a été publié sous la plume de quelqu'un qui se fait appeler Chitah :-).

" …Et je soumets à ta sagacité le texte suivant :

Le Dr Laura Schlessinger est une vedette de radio américaine qui donne des conseils à ceux qui participent à son émission.Récemment, cette juive de stricte observance a déclaré que :" Selon le Lévitique (18 :22), l'homosexualité est une abomination, et ne peut être pardonnée en aucune circonstance." Voici une lettre ouverte à Docteur Laura, écrite et diffusée sur Internet par une personne résidant aux Etats-Unis. C'est un morceau de bravoure!

Chère Docteur Laura,

Merci de vous donner tant de mal pour éduquer les gens selon la loi de Dieu.

Votre émission m'a beaucoup appris, et j'essaie de partager ces connaissances avec le maximum de gens. Par exemple, quand quelqu'un essaie de défendre l'homosexualité, je lui rappelle que le Lévitique 18 :22 dit clairement que c'est une abomination. Fin du débat. J'ai besoin de vos conseils, toutefois, sur d'autres points précis de la loi, et sur la façon de les appliquer.

Quand je brûle un taureau sur l'autel du sacrifice, je sais que l'odeur qui se dégage est apaisante pour le Seigneur. (Lev.1; 9).Le problème, c'est mes voisins : ils trouvent que cette odeur n'est pas apaisante pour eux. Dois- je les châtier en les frappant?

J'aimerais vendre ma soeur comme esclave, comme l'Exode (21 :7) m'y autorise.A notre époque et à ce jour, quel prix puis-je raisonnablement en demander?

Le Lév. (25 :4) affirme que je peux tout-à fait posséder des esclaves, mâles ou femelles, à condition qu'ils soient achetés dans les pays alentour. Un de mes amis affirme que ceci s'applique aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pouvez- vous m'éclairer sur ce point? Pourquoi ne puis-je pas posséder de Canadiens?

J'ai un voisin qui s'obstine à travailler le jour du Sabbat.L'Exode 35 :2 dit clairement qu'il devrait être mis à mort.Suis-je dans l'obligation morale de le tuer moi-même?

Un de mes amis pense que même si c'est abominable de manger des fruits de mer (Lev 11-10), l'homosexualité est encore plus abominable.Je ne suis pas d'accord. Pouvez -vous régler notre différend?

Le Lev. (21-20) affirme que je ne dois pas approcher de l'autel de Dieu si ma vue est déficiente.Je dois admettre que je porte des lunettes pour lire.Est- ce que ma vision doit être de 20/20, ou est-il possible de trouver un arrangement?

La plupart de mes amis de sexe masculin se font couper les cheveux, y compris autour des tempes, alors que c'est expressément interdit par le Lév. (19 :27).Comment doivent-ils mourir?

Je sais (Lév 11 :6-8) que toucher la peau d'un cochon mort rend impur. Puis-je quand même jouer au foot si je porte des gants? Mon oncle a une ferme.Il viole le Lév. (19 :19) en semant deux espèces différentes dans un même champ, et sa femme en fait autant en portant des vêtements de deux fibres différentes (coton et polyester mélangés).Il a également tendance a beaucoup jurer et blasphèmer.Est-il nécessaire d'aller jusqu'à alerter toute la ville afin qu'ils soient lapidés? (Lev.24 :10-20).Ne pourrions- nous pas tout simplement les mettre à mort par le feu et en privé, comme nous le faisons avec ceux d'entre-nous qui couchent avec des membres de leur belle-famille?

Je sais que vous avez étudié à fond tous ces cas, aussi ai-je confiance en votre aide.Merci encore de nous rappeler que la loi de Dieu est éternelle et inaltérable.

Votre disciple dévoué et fan admiratif,

Jim (traduction : Annick Boisset sur le site encoreféministe ) "

Deux articles totalement à contre-courant sur les propos du Pape.

Un ami juif vient de me transmettre ces deux liens vers 2 papiers, fort intelligents, de Metula News Agency, qui analysent à contre-courant les propos du pape :
- La déclaration de guerre incomprise de Ratisbonne (1ère partie),
La déclaration de guerre incomprise de Ratisbonne (2ème et dernière partie).

On y lit ceci :

"... Il est bien évident que l’on choisit ses citations lors d’un discours, non pas au hasard, par souci d’exprimer l’opinion historique d’un ancêtre, mais parce qu’on juge son contenu porteur d’un enseignement. Le recours à la citation a, de plus, l’avantage, sur des sujets difficiles, de permettre à l’orateur d’affirmer "ce n’est pas moi qui le dit, c’est untel". Et une citation ancienne possède l’autre privilège d’avoir traversé les âges et de ressortir bonifiée, renforcée par l’épreuve du temps. Pour un leader politique, l’usage de la citation permet, lors de l’expression d’un message délicat, de moduler la distance entre sa propre pensée et celle de l’auteur de l’affirmation reprise. Au vu de la réaction du public, on peut, a posteriori, se déclarer très en communion avec l’axiome cité ou, au contraire, on peut prétendre ne l’avoir employé que pour illustrer un propos, sans en embrasser la teneur. C’est, bien entendu, une liberté de distanciation qu’on ne peut pas prendre avec une vérité qu’on a soi-même énoncée.

Ce qu’il faut retenir de ce préambule, c’est que le pape n’a pas cité Paléologue fortuitement ni par erreur. Il avait un message à faire passer, et, au Vatican, on a choisi, comme on en a la longue habitude, l’endroit, le moment, l’événement et l’assistance les plus appropriés afin de faire passer cette communication. Tous les historiens et les spécialistes de la communication savent fort bien que c’est au Vatican qu’on travaille le plus les proclamations du chef de cet Etat, et que celles-ci sont, par conséquent, les moins spontanées parmi les discours de toutes les personnalités s’exprimant régulièrement en public. Les paroles du souverain pontife sont frappées d’infaillibilité – selon le dogme romain, ce qu’il proclame est vrai et indiscutable – étant le porte-parole sur terre de la volonté divine. Il est donc conseillé que les préparateurs et les relecteurs des proclamations en provenance du monde métaphysique remplissent consciencieusement leurs tâches.

Or que contient le message que Benoît XVI a délivré à Ratisbonne ? Ni plus ni moins qu’une déclaration de guerre spirituelle contre l’islam, ou, plus précisément, une proclamation mettant fin à l’armistice qui s’était installé entre les deux religions hégémonistes de la planète."

Le commentaire ne manque certainement pas d'intelligence.

D'autres parties de l'analyse mêritent qu'on s'y arrête, notamment celle-ci :

"...Les grandes religions prosélytes connaissent des périodes durant lesquelles elles privilégient la raison, d’autres, pendant lesquelles elles préfèrent l’usage de l’épée.

A plusieurs périodes, avant et durant la Reconquista – la conquête par la force des royaumes maures et musulmans de la péninsule ibérique par les souverains chrétiens, de 718 à 1492 – un docte mutazilite, fervent de la doctrine islamique de la raison primant sur la foi, officiellement adoptée un temps par le califat des Omeyyades, longtemps au pouvoir en Espagne, aurait pu faire la leçon aux chrétiens. 500 ans avant la naissance de Manuel II Paléologue, il aurait pu expliquer au pape que "Dieu n’aime pas le sang" et que "ne pas agir selon la raison est contraire à SA volonté". Il aurait eu toutes les raisons du monde d’ajouter que "pour convaincre une âme raisonnable, on n'a besoin ni de bras, ni d'armes, ni non plus d'un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu'un de mort….".

Et ce n’est qu’un exemple parmi des centaines où l’Eglise a massacré d’autres peuples dans leur entièreté, souvent d’autres chrétiens, qui refusaient d’embrasser son interprétation de la parole de Jésus-Christ. L’odeur des bûchers de Torquemada flotte encore sur des marchés espagnols… c’est dire s’ils furent nombreux et qu’ils prirent le temps de se consumer…

Pour ceux qui se se faire une opinion par eux-mêmes, le texte de Manuel II Paléologue, auquel s'est référé le Pape, est accessible ici : long, laborieux et vraiment d'un autre temps. 

"Mahomet, maître de haine" : Robert Redeker disjoncte dans le Figaro

Les propos du Pape continuent de susciter une abondante littérature. Papiers de bonne facture d'un côté. Torchons de temps en temps.

Celui qu'a publié le Figaro sous la plume de Robert Redeker, intitulé "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?", en est un. Et c'est même un modèle du genre.

Rajout du 22 septembre : le papier n'est plus en ligne : il est accessible ici et sur différents forums à partir d'une recherche sur son intitulé.

On ne peut que partager, par exemple, les commentaires sur le terrorisme qu'exercent dans les têtes et dans la presse certaines idéologies : communisme hier (et aujourd'hui encore d'ailleurs puiqu'on en est presque à canonniser Fidel Castro, qui n'est pourtant pas mort), islamisme depuis quelques années. En revanche ce philosophe (c'est ainsi qu'il est présenté) déjante complètement quand il qualifie le Prophète Mohammed de "maître de haine". Le moins qu'on puisse dire est que Robert Redeker a une connaissance de l'islam très frustre. "Beati pauperes spiritu" (Bienheureux les simples d'esprit) ! Il parle des "idiots utiles" dans son article. Il oublie les idiots tout court.

Au vu de ses capacités en exégèse et en approches comparées des religions, il est fortement déconseillé de le laisser se pencher sur les textes sacrés, y compris les Evangiles. De la phrase "Si ton oeil est source de péché, arrache-le", ce professeur (il est professeur aussi !) serait capable de conclure, avec la finesse qu'il manifeste par ailleurs, que Jésus était un pervers qui incitait au masochisme et à l'automutilation... tant il est vrai  qu'on  peut faire dire n'importe quoi à n'importe quel texte pour peu qu'on n'ait aucune connaissance de ce dont on parle, et que l'on ait aussi beaucoup de préventions et de préjugés.

Le Figaro avait je crois pour devise ce mot de Beaumarchais : "Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur". Sans le devoir de s'informer scrupuleusement et sans passion, il est tout aussi vrai qu'on finit par confondre journalisme et propagande, et par verser de la simplification pour les besoins d'un écrit à de pures et franches âneries.

Un sage a écrit ceci (on ne donne surtout pas le nom parce qu'il est musulman et pire, arabe) : "Quand tu pointes ton index vers ton frère pour montrer l'action qui n'a pas plu à ta pauvre cervelle, tu ne vois que l'index, mais les autres doigts te désignent."

Question : qui est maître de haine ? qui vient de pousser à la haine ? qui attise le feu ?

Les propos exacts du Pape

Suite aux commentaires de Leblase dans le papier précédent, les propos du Pape, qui font aujourd'hui l'objet d'une polémique intense, sont accessibles ici :  Le Monde du 16 septembre.

(Rajout du 18 septembre : à lire aussi un remarquable papier de kabilienews.com sur l'excellent rodage de la machine de l'indignation dans le monde arabe. Vraiment remarquable.)

(Rajout du 20 septembre : 2 papiers excellents, le premier dans le blog "les tribulations d'un Marrakchi à Marrakech" intitulé une étrange polémique, le second d'Antoine Sfeir dans le Figaro. )

Un papier qui sort du lot sur Afrik.com : "Le combat compliqué de Benoît XVI"

Le Pape accusé d’attaquer l’Islam 

samedi 16 septembre 2006, par Khaled Elraz

Il faut raison garder... Le discours de réflexion sur les rapports entre foi et raison prononcé mardi 12 septembre 2006 par le Pape Benoît XVI pose-t-il problème ? En principe, non. Mais il a brisé un tabou, au détour d’une phrase. Le tabou de l’ignorance et du respect mutuel des grandes religions révélées.

Sur quoi portait cette réflexion papale ? Sur la relation compliquée qui a existé dans l’histoire entre foi, raison et violence dans les différentes religions monothéistes, le Judaïsme, le Christianisme, la religion musulmane. Il s’est référé à cette occasion à cette occasion à un livre de l’empereur byzantin Manuel II Paléologue (1350-1425), qui reprochait à l’Islam (et plus précisément au Prophète) d’avoir légitimé la violence religieuse : "le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait".

Ce que rejette, en l’occurrence, le Pape, et c’est plutôt heureux dans une période de crispation confessionnelle, c’est justement que l’on puisse justifier un crime au nom de Dieu...

En cela, le Pape est plutôt moderne, ouvert, tolérant, il condamne les croisades et toutes les justifications qui ont pu en être produites, au Moyen-Age, par des théologiens catholiques plus soucieux de provoquer des guerres de conquête hors d’Europe que de défendre dans le monde entier une religion de l’amour... Bref le Pape prône au total le dialogue entre les religions et le désarmement des religieux extrêmistes. Qui peut s’en indigner ?

Alors comment expliquer la levée de boucliers du monde musulman ?

D’abord, parce que la citation reprise par le Pape n’est pas une analyse fouillée de la pensée du Prophète, mais un résumé un peu caricatural émanant d’un empereur byzantin qui était un adversaire de l’Islam. Le Pape, en érudit qu’il est, aurait pu se fendre d’une réflexion plus approfondie.

Ensuite, parce que le tabou fondamental qui est levé, c’est celui du pacte de non agression des dignitaire des trois grandes religions monothéistes, jusque là toujours solidaires dans la défense de la Foi et l’exclusion de tout commentaire non autorisé sur leurs doctrines respectives. Où va-t-on si le Pape se met à commenter le Coran, ou si les Imams expliquent les Evangiles ?

En fait, c’est sur ce principe que les paroles du Pape sur raison, violence et foi sont apparues inacceptables. Au point que même le New-York Times les condamnait vendredi 15 septembre comme "tragiques et inacceptables"...

Etonnant renversement des choses, où lorsqu’un Pape prône la tolérance et accepte de parler librement des qualités et des défauts de chaque grande doctrine religieuse, il est universellement voué aux gémonies. Nous vivons, décidément, le temps de tous les intégrismes.

Israël, Palestine, musulmans, islam... Et si l'on reparlait de Louis Massigon

Le Maroc a honoré récemment Louis Massignon. A cette occasion, j'ai fait une petite recherche sur cet homme qui était anti-sionniste, ami intime de Martin Buber (l'auteur entre autres de ce magnifique livre que sont "Les récits hassidiques"), et visionnaire. Ce que Massignon a écrit il y a quelque 70 ans, sur Israël, les Palestiniens et les réactions du monde musulman, était prémonitoire.

Imams et Rabbins pour la Paix : déclaration finale du 2ème Congrès mondial

"Au nom du Créateur et Maître de l'Univers, le Compatissant et le Miséricordieux, nous, chefs religieux et représentants de l'Islam et du Judaïsme, nous sommes rassemblés pour le Second Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix organisé par la fondation Hommes de Parole à Séville, en cette région d'Andalousie où jadis, juifs et musulmans vivaient en harmonie et dans un enrichissement mutuel. Nous aspirons aujourd'hui et dans le futur à renouer de telles relations.

Nous affirmons par conséquent, que contrairement à une représentation erronée, largement répandue, il n'existe pas de conflit inhérent entre l'islam et le judaïsme, bien au contraire. 

Le Congrès mondial des imams et rabbins pour la paix en conclave à Séville

Source : Le Matin (Maroc)

André Azoulay, Conseiller de S.M. le Roi, et Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, participeront au deuxième «Congrès mondial des imams et rabbins pour la Paix», qui réunira du 19 au 22 mars à Séville (Andalousie), plus de 150 personnalités parmi les dirigeants juifs et musulmans les plus influents de la planète, a appris mercredi l'agence MAP auprès des organisateurs de ce rendez-vous.