Auschwitz, triomphe du diable?... ou de la haine?

Trouvé chez embruns.net un lien vers un papier troublant, au sens propre du terme : "Auschwitz, triomphe du diable?" par Dang, chez koztoujours.fr .

Allez-y !

L''évocation d'Auschwitz me laisse toujours sans voix. Des hommes ordinaires qui se déshumanisent totalement, perdent toute compassion, et industrialisent la mort d'hommes, de femmes, de vieux, d'enfants, froidement, méticuleusement, c'est au delà de mes capacités de compréhension; ça me plonge dans une forme de vertige, dans un vide sans fond.

Où était Dieu alors ? Et est ce que ça a été un moment de déchaînement du diable ?

Je ne pense pas que ce soient les bonnes questions. Les hommes fonctionnent en permanence avec une forme de pensée "magique" : face à ce qu'ils ne comprennent, il leur faut l'explication d'une puissance extérieure à eux-mêmes. Quelque chose qui puisse les exonérer de leur responsabilité. Dieu, le diable, la magie, un envoûtement, les djinns...

Pas eu envie de commenter le papier de Koztoujours. Juste une idée à partager, qui n'ajoutera sans doute rien au débat qui s'est ouvert sur ce site : Il n'y a pas de diable là dedans. Simplement des hommes qui se sont saoûlés, drogués, à la haine, au mépris, au déni de l'autre. Des hommes qui avaient eux-mêmes des mères, des frères et soeurs, des enfants, et qui ont cadenassé leur propre humanité. La haine est négation, meurtre, effacement d'autrui et, en retour, meurtre de soi-même. La haine collective, hystérique, bestiale, est mortifère pour d'autres hommes et en retour pour le groupe, la collectivité qui s'en repaissent.

Je préfère les doux dingues ou les sages qui parlent d'amour. Ils parlent d'une écologie interne, d'une utopie (?), qui sont seules capables d'aider à traverser la vie sans nuire à autrui. J'apprécie beaucoup ces quelques citations :

"Si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais nous atteindre dans notre être. C’est pourquoi il faut toujours bénir et ses amis et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y accomplir sa mission d’apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée.
C’est ce que les soufis appellent "l’égoisme souhaitable". C’est l’amour de Soi valable, lié au respect de soi-même et de son prochain, parce que tout homme bon ou mauvais est dépositaire d’une parcelle de la lumière divine. C’est pourquoi les soufis, conformément à l’enseignement du Prophète, ne veulent souiller ni leur bouche, ni leur être par de mauvaises paroles ou de mauvaises pensées, même par des critiques apparemment bénignes". (Tierno Bokar)


"Si quelqu'un dit du bien d'autrui, ce bien et ces louanges lui reviennent. En réalité, il les dit pour lui-même. Quelqu'un a planté autour de sa maison une roseraie et des fleurs. A tout moment, son regard est fixé sur les roses et les fleurs. Il est au Paradis. On apprend à aimer celui dont on dit du bien. Et on apprend à détester celui dont on dit du mal. A son souvenir on n'imagine que scorpion, serpent, épines et broussailles.

Sois bon pour toutes les créatures, pour l'amour de Dieu,
Ou bien pour la tranquillité de ta propre âme
Afin que tes yeux voient toujours l'Ami.
La haine ne doit pas entrer dans ton coeur." (Djalal ud-din-Rumi)


"Ô frère, ton être est à l’image de ta pensée,

Pour le reste tu n’es que des os et des nerfs.
Si ta pensée est une fleur, tu es comme un parterre fleuri.
Si elle faite d’épines, tu n’es que ronces à brûler." (Djalal ud-din-Rumi)


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PS : Quelques heures après avoir publié ces quelques lignes, je suis tombé sur un article d'Agoravox : "Auchwitz, des photos inédites 60 ans après..."  qui fait lui même un lien vers une série de photos que met en ligne l'Holocaust Memorial Museum.  On y voit des SS, hommes et femmes, en charge de ce camp, en train de se reposer sur des chaises longues, de rire, d'écouter de l'accordéon...


Extrait de la conclusion du papier d'Agoravox :
"...Un simple travail d’introspection personnelle ou collective peut faire réaliser la part d’ombre qui sommeille en chacun. On touche à ce qui pousse n’importe qui à suivre un régime fanatique. Il faut partir du principe que chacun peut être un maillon génocidaire, passif ou actif, indifférent ou conscient. Oui, c’est ainsi...
Finalement, sans la moindre compréhension de ce qui pousse l’homme au pire, sans la moindre acceptation du fait que chacun peut être capable du pire, il n’y a pas réellement d’espoir d’annihilation de ce fond reptilien. On retrouve cette part d’ombre dans l’ampleur tout aussi brutale du génocide rwandais... Une forme de filiation entre ces massacres démesurés et les recettes macabres des crimes de guerre existe-t-elle ? Une similarité funeste ne se retrouve-t-elle pas en ex-Yougoslavie ou tout simplement au Darfour. L’échelle est différente, mais les rudiments barbares à la base de ces déferlantes de haines sont assez proches. On ne doit pas certes comparer les choses, mais il y a un maillage de réactions communes dans les barbaries..."

Héritage

Cela a commencé par un papier sur Agoravox qui ne larmoie pas sur la crise en cours : "10 raisons pour lancer votre boîte en période de crise !" Auteur : Denis Florent. Sur son site, plein de thèmes de réflexion, mine de rien, dont ce papier intitulé "Héritage" qu'il m'a autorisé à reproduire.

Je n’ai rien fait.

"Je n’ai rien fait pour être né du bon côté du monde.

Je n’ai rien fait pour avoir l’eau courante et le chauffage à domicile.

Je n’ai rien fait pour descendre d’une famille vieille de 1200 ans.

Je n’ai rien fait pour être aimé des miens dès ma naissance.

Je n’ai rien fait pour avoir vu le jour dans un pays de bâtisseurs de cathédrales, de troubadours et de comédiens.

Je n’ai rien fait pour avoir eu la chance d’entendre Mozart, Bach et Chopin.

Je n’ai rien fait pour avoir ce pouvoir de conviction, cette facilité à agréger une tribu.

Et pourtant, moi, comme vous qui me lisez, j’ai tout ça.

Question : que faisons-nous de tout ça ?"


Bonne question en effet : que faisons nous de tous les cadeaux que nous avons reçus de la vie ?



Une femme réellement pas chiante... ça n'existe pas

A la demande générale de Cath, un nouveau papier pour signifier que ce site n'est pas totalement mort. Au terme d'une banale recherche sur Google (qui normalement a réponse à tout), il apparaît qu'une femme réellement pas chiante, ça n'existe pas.

C'était la pensée de la semaine.

Comment raisonner complètement de travers

Intéressante trouvaille sur Agoravox : un papier intitulé "Interroger les vérités assénées : l’exemple de l’Islam sur Agoravox" qui, en conclusion, fait référence au Manuel de Normand Baillargeon, nommé à juste titre "Petit Cours d’autodéfense intellectuelle".

Je me suis permis de reprendre la partie consacrée à "Quelques sophismes courants". Vraiment très, très instructif !


"Qui veut assurer son auto défense intellectuelle gagne à savoir repérer les sophismes et les paralogismes.

Kécéksé ça, demandez vous? Rien de bien méchant. Ce sont tout simplement des raisonnements ou des modes d’argumentation qui ne tiennent pas la route et qui laissent typiquement entendre qu’on doit conclure à X alors que ce n’est pas le cas. La différence entre les deux est que le paralogisme est commis de bonne foi , alors que le sophisme est avancé avec l’intention de tromper.

Je vous présente ici des manières de ne pas raisonner juste. Le mieux, pour apprécier tout ce qui suit, est d’imaginer que vous jouez un jeu. Gagne à ce jeu la personne qui fait admettre une conclusion. La seule règle de ce jeu est que les coups joués doivent être rationnels, i.e. ils doivent tirer des inférences valides de faits qui supportent la conclusion. Ce qui suit, si vous voulez, ce sont donc autant des manières de tricher à ce jeu.

Le faux dilemme.
On fait croire (faussement) qu’il n’y a que deux possibilités; on donne ensuite à entendre qu’une est exclue; et on conclut que l’autre doit donc être vraie. Le hic, évidemment, c’est que, dans le cas en question, il n’y a pas que deux possibilités: le dilemme présenté est donc un faux dilemme. Exemples. “Ou la médecine peut expliquer comment elle été guérie, ou il s’agit d’un miracle. La médecine ne peut expliquer comment elle a été guérie. Il s’agit donc d’un miracle” (Divers charlatans). “Ou bien on diminue les dépenses publiques ou bien l’économie s’écroule”.(La propagande, depuis au moins vingt ans).
On se prémunit contre ça en se rappelant qu’il y a plus de deux options.
La généralisation hâtive.
Ça consiste à généraliser trop vite et à tirer des conclusions à propos d’un ensemble à partir d’un trop petit nombre de cas. Le raciste commet ce sophisme quand il dit par exemple “Je connais X qui est québécois et il est bête comme une pelle sans manche, comme le sont d’ailleurs tous les québécois”.
On se prémunit contre ça en se rappelant qu’il ne faut pas généraliser trop vite et surtout en étudiant au moins un peu les statistiques, puisque la théorie de l’échantillonnage est la réponse savante à ce problème.
Le hareng fumé.
Les prisonniers en fuite, paraît-il, laissaient des harengs fumés derrière eux pour distraire les chiens pisteurs et les détourner leur piste. C’est le principe qu’on applique ici: le but de ce stratagème est de vous amener à traiter d’un autre sujet que ce celui qui est discuté. Les enfants sont parfois champions à ce jeu: “Ne joue pas avec ce bâton pointu” dit papa; “Ce n’est pas un bâton, c’est un laser bionique”, répond Camille. “Range ta chambre”, dit papa; “Tu ne l’as pas demandé à Camille”, répond Marie.
À un autre niveau, on pourrait être tenté (ce serait un peu injuste…) de voir dans un certain travail médiatique une sorte de méga-hareng-fumé. “Avez-vous une idée de tout ce qu’on nous cache à propos de la Guerre en Afghanistan?”, demande Le Couac. “Avez-vous entendu parler de cet enfant né avec deux têtes?”, répond Debilo Inquirer. “Voyez comme c’est inquiétant la privatisation de soins de santé”, insiste Recto-Verso. “Saviez-vous que Machin Radio-Télé a rompu avec Truc Bien-Connu?”, répond Nécro Vedettes. Et ainsi de suite.
Une variante très efficace de cette forme de diversion est d’évoquer un mal supposé pire que celui qu’on veut faire discuter et de laisser entendre que l’existence du deuxième dispense de traiter du premier. “Brûler de l’essence pour satisfaire des besoins en énergie pollue? Essayez avec le charbon: c’est bien pire!”.
On se prémunit contre tout cela en demandant qu’on revienne au sujet.
L’Ad hominem.
C’est un autre moyen de détourner l’attention du sujet discuté et il peut être vraiment efficace. Ça consiste à attaquer la personne qui énonce une idée plutôt que l’idée elle même. Si quelqu’un avance devant vous une idée de Milton Friedman et que vous répondez “On sait bien: il est de droite” au lieu de chercher à comprendre et éventuellement réfuter l’idée, vous venez de commettre un Ad hominem. Ou encore: Einstein aurait été tueur à gages pour les Hell Angels que la relativité n’en serait ni plus vraie ni plus fausse.
Ici encore, on se prémunit contre tout cela en demandant qu’on revienne au sujet qui n’est pas la personnalité de qui avance une idée mais bien la valeur de vérité de cette idée.
La pétition de principe.
C’est le raisonnement circulaire. En termes un peu plus complexes: ce raisonnement n’est pas valide parce qu’il inclut dans les prémisses la conclusion qu’il est supposé établir. En anglais, on dit begging the question, ce qui est peut-être plus “parlant”. Un exemple: L’un: “Dieu existe, puisque la Bible le dit”; l’autre: “Et pourquoi devrait-on croire la Bible”; l’un: “Mais parce que c’est la parole de Dieu!”
On se prémunit contre ça en repérant bien nos prémisses et en les distinguant des conclusions.
Post hoc ergo procter hoc.
C’est du latin et ça veut dire: après ceci, donc à cause de ceci. C’est un sophisme très répandu. Par exemple, c’est celui que commettent les gens superstitieux: j’ai gagné au casino quand je portais tels vêtements, dit le joueur; je porte donc les mêmes vêtement à chaque fois que je retourne au casino. Il arrive que le sophisme soit plus subtil et moins facile à identifier. Pour aller à l’essentiel: la science a recours à des relations causales, mais en science un événement n’est pas donné pour cause d’un autre simplement parce qu’il le précède. On retiendra surtout que le seul fait qu’un événement en précède (ou est corrélé à) un autre ne le rend pas cause du deuxième. Confondre corrélation et causalité est d’ailleurs une des premières choses qu’on apprend en statistiques. Dans un hôpital, la présence d’individus appelés médecins est fortement corrélée avec celle d’individus appelés patients: ça ne veut pas dire que les médecins sont cause de la maladie.
Ad Populum.
Encore du latin. Ça signifie simplement: en appeler à la foule. C’est un des sophismes favoris des publicitaires: on affirme qu’une chose est juste puisque tout le monde la fait — ou la pense. Une variante en appelle à la tradition:on a toujours fait comme ça, donc c’est juste — ou vrai. Évidemment, tout le monde (ou la tradition) peut se tromper. Vous voulez des exemples? Non? D’accord.
Composition/division.
Le sophisme de composition consiste à conclure que ce qui vaut pour la partie vaut pour le tout. Quand un éditorialiste de La Presse écrit (1 août 2001, p. A 13): “Comme c'est le cas dans le cadre plus général de la mondialisation, c'est la nation la plus pauvre du trio uni par l'ALENA, le Mexique, qui est également la plus désireuse de raffermir les liens nord-américains: vivent au Sud du continent, en effet, 100 millions d'êtres humains dont le niveau de vie est cinq fois moins élevé que celui des Canadiens — six fois moins que celui des Américains — et qui s'agrippent bec et ongles au rêve d'accéder à la prospérité de leurs voisins du Nord.”, il commet ce sophisme en attribuant au tout (tous les Mexicains) ce qui est vrai (sans doute) d’une partie. Les Zapatistes, ça vous dit quelque chose?
Le sophisme de division consiste, au contraire, à conclure que ce qui est vrai du tout doit être vrai des parties. On l’a beaucoup commis en 1970, en pensant les membres de Beatles feraient, individuellement, de la musique géniale. On oublie ici qu’un tout peut avoir des propriétés émergentes que ses parties n’ont pas.
Appel à l’ignorance.
Celui-ci vient sous deux formes. La première consiste à dire: puisque tu ne peux démontrer que telle conclusion est fausse, elle doit être juste; la deuxième: puisque tu ne peux prouver une conclusion, elle doit être fausse. Sur le terrain de la parapsychologie, ces sophismes fleurissent. “Personne n’a pu démontrer que l’Abominable Homme des Neiges n’existe pas, il doit donc exister”. Ou encore: “Personne n’a pu démontrer que X trichait durant les expériences de voyance: il doit donc avoir un don”. Et ainsi de suite.
La pente glissante.
C’est ce qui se produit quand on raisonne (mal) en disant que si on accepte A, on aura B; puis C; puis D; et ainsi de suite jusqu’à quelque chose de terrible. L’argument, bien entendu, est destiné à prouver qu’on ne doit pas accorder A. Ceux qui disent, notamment aux Etats-Unis, que si on accepte des lois contre le libre port d’armes à feu, on aura bientôt des lois sur ceci, puis sur cela et qu’on finira par vivre sous un régime totalitaire, ceux-là se paient une balade sur la pente glissante. On voit bien, en y pensant un peu, que rien ne garantit la solidité de chacun des maillons de la chaîne et que donc rien n’assure que si on accepte A, on aura tout le reste qu’on nous prédit."

Amnesty International: la politique de la peur divise dangeureusement le monde


«Des gouvernements puissants et des groupes armés suscitent délibérément la peur afin de porter atteinte aux droits humains et de créer un monde de plus en plus divisé et dangereux», a déclaré aujourd'hui Amnesty International à l'occasion de la sortie de son Rapport 2007 qui, comme les précédents rapports annuels de l'organisation, dresse un état des droits humains dans le monde.

«En adoptant des politiques à court terme qui encouragent les peurs et créent la division, certains gouvernements sapent l'État de droit et les droits humains, entretiennent le racisme et la xénophobie, divisent les populations, augmentent les inégalités et sèment les germes de nouvelles violences et de futurs conflits», a déclaré Irene Khan, la secrétaire générale d'Amnesty International.

«La politique de la peur crée une situation où les atteintes aux droits humains se multiplient, où aucun droit n'est sacré et où plus personne n'est en sécurité.

«La "guerre contre le terrorisme" et la guerre en Irak, avec toutes les atteintes aux droits humains qui les accompagnent, ont créé de profondes divisions qui, en rendant plus difficiles la résolution des conflits et la protection des civils, nuisent aux relations internationales.»

Trop souvent la communauté internationale, méfiante et divisée, s'est révélée impuissante ou a manqué de volonté devant les grandes crises des droits humains qui se sont déroulées au cours de l'année 2006, qu'il s'agisse des conflits en Tchétchénie, en Colombie ou à Sri Lanka, déjà relégués au second plan, ou des crises très médiatisées du Moyen-Orient.

L'ONU a mis plusieurs semaines avant de rassembler la volonté nécessaire pour appeler à un cessez-le-feu dans le conflit au Liban, qui a fait quelque 1200 morts parmi les civils. La communauté internationale n'a fait preuve d'aucun courage dans son approche des drames engendrés par les sévères restrictions au droit de circuler librement imposées aux Palestiniens dans les territoires occupés, par les attaques sans discrimination menées par l'armée israélienne et par les combats que se sont livrés certains groupes palestiniens.

«Le Darfour est une blessure ouverte qui ensanglante la conscience du monde. Le Conseil de sécurité est entravé par la méfiance et par le double langage de ses membres les plus puissants. Le gouvernement soudanais a pris le dessus sur les Nations unies. Entre-temps, 200 000 personnes sont mortes et plus de deux millions d'autres ont été déplacées. Et les attaques des milices s'étendent maintenant au Tchad et à la République centrafricaine», a ajouté Irene Khan.

Prospérant dans une zone d'instabilité qui s'étend des frontières pakistanaises jusqu'à la Corne de l'Afrique, des groupes armés ont pu affûter leurs armes avant de se lancer dans des atteintes massives aux droits humains et de bafouer sur une grande échelle le droit international humanitaire.

«Tant que les gouvernements ne prêteront pas attention aux rancœurs que ces groupes exploitent, tant qu'ils ne manifesteront pas la volonté nécessaire pour obliger réellement ces groupes à rendre compte des violences qu'ils ont commises et qu'ils ne seront pas eux-mêmes prêts à rendre des comptes, l'avenir des droits humains s'annoncera sombre», a encore déclaré Irene Khan.

En Afghanistan, la communauté internationale et le gouvernement afghan ont laissé passer l'occasion qui leur était offerte de construire un État basé sur les droits humains et la primauté de la loi, exposant le peuple à l'insécurité chronique, à la corruption et, de nouveau, aux talibans. En Irak, les forces de sécurité ont incité à la violence intercommunautaire au lieu de la contenir, l'appareil judiciaire s'est révélé très mal adapté à la situation, et les pires des pratiques du régime de Saddam Hussein – torture, procès inéquitables, condamnations à mort, viols – sont demeurées très courantes et étaient toujours appliquées en toute impunité.

«Dans de nombreux pays, un programme politique basé sur la peur renforce les discriminations, élargit le fossé entre les possédants et les démunis, entre "eux" et "nous", et laisse sans aucune protection les personnes les plus touchées par la marginalisation», a ajouté Irene Khan.

Rien qu'en Afrique, des centaines de milliers de personnes ont été expulsées de chez elles sans aucun respect de la procédure – souvent au nom du progrès et du développement économique – et sans qu'aucune indemnisation ou aucun autre logement ne leur soient proposés.

En Europe occidentale, des dirigeants politiques ont joué sur la peur d'une immigration incontrôlée pour justifier l'adoption de mesures plus sévères contre les demandeurs d'asile et les réfugiés, tandis que dans le monde entier, de la Corée du Sud à la République dominicaine, les travailleurs migrants se faisaient exploiter sans aucune protection.

Le fossé entre musulmans et non-musulmans s'est accentué, aggravé par les stratégies antiterroristes discriminatoires adoptées par certains pays occidentaux. Dans toutes les régions du monde, les manifestations d'islamophobie, d'antisémitisme et d'intolérance ainsi que les attaques contre les minorités religieuses ont augmenté.

En Russie, de nombreux crimes ont été commis par haine des étrangers et, dans toute l'Europe, les Roms étaient victimes de ségrégation et d'exclusion, signe de l'incapacité flagrante des autorités à combattre le racisme et la xénophobie.

«L'accentuation des clivages et le renforcement des peurs sur le thème de la sécurité nationale ont réduit les possibilités de tolérance et d'expression d'une opinion dissidente. Partout dans le monde, de l'Iran au Zimbabwe, de nombreuses voix qui ont voulu se faire entendre sur les droits humains ont été contraintes de se taire en 2006», a déclaré Irene Khan.

La liberté d'expression a été étouffée de manière très diverse : en Turquie, des écrivains et des défenseurs des droits humains ont été poursuivis en justice ; aux Philippines, des militants ont été assassinés ; en Chine, les défenseurs des droits humains ont été soumis à une surveillance et à un harcèlement constants, et souvent emprisonnés ; en Russie, la journaliste Anna Politkovskaïa a été assassinée et des modifications ont été apportées à la réglementation relative aux organisations non gouvernementales. Internet est devenu le nouveau territoire à défendre dans la lutte pour le droit à la dissidence, dès lors que les militants se faisaient arrêter et que les entreprises s'alliaient avec les gouvernements de pays tels que la Chine, l'Iran, la Syrie, le Viêt-Nam et la Biélorussie pour restreindre l'accès aux informations en ligne.

La répression «à l'ancienne» a été remise au goût du jour dans des pays comme l'Égypte, sous le prétexte de lutte contre le terrorisme, tandis que des lois antiterroristes à la formulation vague faisaient planer une menace sur la liberté d'expression au Royaume-Uni.

Cinq ans après le 11 septembre 2001, l'année 2006 a encore une fois montré que le gouvernement des États-Unis considère le monde entier comme un gigantesque champ de bataille pour sa «guerre contre le terrorisme» : il enlève, arrête, place arbitrairement en détention et torture des suspects, et les transfère en toute impunité d'une prison secrète à une autre, d'un bout du monde à l'autre, en procédant à ce qu'il appelle les «restitutions extraordinaires».

«Rien n'a mieux décrit la mondialisation des violations des droits humains que la "guerre contre le terrorisme" menée par les États-Unis et leur programme de "restitutions extraordinaires", auquel ont participé les gouvernements de pays aussi éloignés les uns des autres que l'Italie et le Pakistan, l'Allemagne et le Kenya.

«Des stratégies antiterroristes mal pensées se sont révélées peu efficaces en matière de réduction des menaces ou de justice aux victimes, et très dommageables pour les droits humains et l'état de droit.»

Amnesty International a demandé aux gouvernements de ne pas céder à la tentation d'utiliser la politique de la peur et d'investir dans des institutions de défense des droits humains et dans l'état de droit, aux niveaux national et international.

«Il y a des signes d'espoir. Des institutions européennes ont déclenché un mouvement favorable à la transparence et à l'obligation de rendre des comptes sur les "restitutions". Grâce à l'action de la société civile, l'ONU a accepté d'élaborer le texte d'un traité sur le contrôle des armes classiques. Dans un certain nombre de pays, de nouveaux dirigeants et de nouvelles assemblées législatives ont maintenant la possibilité de redresser la barre et de remplacer ceux dont l'action, ces dernières années, a été lourde de conséquences pour les droits humains. Aux États-Unis, un Congrès ayant une nouvelle composition pourrait ouvrir la voie et montrer l'exemple, en rétablissant le respect des droits humains à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

«Tout comme la lutte contre le réchauffement climatique requiert une action mondiale fondée sur la coopération internationale, l'érosion des droits humains ne pourra être stoppée qu'à l'aide de la solidarité mondiale et du respect du droit international», a ajouté Irene Khan.

Une agriculture qui nous fait crever... inexorablement

Terrifiante la video qui suit. En quelques mots tout est dit sur l'agriculture "moderne" et sur l'impasse où elle nous conduit :




Abolition de l'esclavage : foutaises !

Le 10 mai est désormais le jour de l'abolition de l'esclavage : repentance, commémoration... Foutaises !

L'esclavage n'a jamais été aboli : Il existe toujours. Concrètement avec la vente d'enfants en Afrique. Et à peine déguisé sous des milliers de formes : il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder le sort de millions d'enfants au travail dans le monde, celui des travailleurs clandestins dans certaines exploitations agricoles en Italie, en Espagne, celui des prostituées importées d'Afrique ou d'Europe de l'est, celui de gamins ou de gamines contraints à la prostitution dans les pays pauvres...

Les méthodes n'ont pas changé : transformations des plus miséreux ou des plus faibles en outils, en objets, en marchandises, menaces de mort, papiers confisqués, violences physiques ou mentales de toutes sortes...

Les esclaves d'aujourd'hui ne sont plus obligatoirement noirs, ils ne cultivent plus le coton. Ils ont très généralement, trop souvent, des têtes d'enfants ou de femmes.

Les négriers sont toujours là. Les profiteurs sont toujours là. Les clients aussi, complètement indifférents à cette masse d'êtres humains traités comme du bétail. Complètement inconscients.

On ne sait pas trop s'il faut rire de dérision ou pleurer devant le déferlement de paroles de toutes ces grandes consciences politiques et morales qu'on entend s'exprimer ou qu'on voit se répandre sur le net. Devant les débats surréalistes, déconnectés de la réalité du monde, qui agitent et excitent notre société.


Guantanamo : entre "le meilleur des mondes" d'Huxley et "l984" d'Orwell

Kalima vient de mettre en ligne une video impressionnante sur Guantanamo. Aucune vue des prisonniers. Simplement quelques mots de militaires qui essaient de faire croire à leur humanité. Et puis la vision très partielle et très contrôlée d'un univers qui ressemble à un abattoir industriel : inox, silence, aseptie. Les prisonniers font des grêves de la faim et sont maintenus de force en vie par des perfusions. Ils jettent sur leurs geoliers des gobelets d'excréments ou de sang... Machine implacable à déshumaniser, à briser et à dégrader des hommes. Impossible de ne pas penser aux romans d'Orwell ou d'Huxley. Le meilleur des monde est déja là.


Guantanamo
envoyé par pedjaa

Ce qu'Enstein ne savait pas encore ! Le rêve d'Einstein

Fantastique documentaire d'Arte !


"Univers parallèles, boucles vibrantes et invisibles… Non, il ne s’agit pas de science-fiction mais de la théorie physique des cordes ! Un monde abstrait pour la première fois accessible de manière ludique et claire grâce à Brian Greene, l’auteur du best-seller L’univers élégant. Une passionnante aventure scientifique à découvrir.
Des premières découvertes d’Einstein aux plus récentes théories sur l’interaction des forces, le physicien et mathématicien Brian Greene présente une passionnante adaptation télévisée de son best-seller, L’univers élégant. À l’aide d’images de synthèse éblouissantes et d’expériences simples puisées dans notre quotidien, il explique les différentes étapes de la “théorie des cordes” : une approche révolutionnaire qui pourrait expliquer la formation de notre univers."

Marc-Aurèle : "Pensées pour moi-même"

Les livres ont une saveur changeante, selon l'âge, selon les moments. Un temps ils peuvent sembler compliqués, incompréhensibles quand il est trop pour les aborder. Et puis ils peuvent cadrer totalement avec ce que l'on ressent et sembler lumineux. Et puis encore, avec le temps, ils s'usent ou se déclassent quasiment tous. Vent, jus de crâne, cause de la déforestation.


Je viens de retrouver les "Pensées pour moi-même" de Marc Aurèle, un livre lu ou parcouru rapidement pour le bac ou la fac et qui, depuis, a connu plein de déménagements, trainé dans des cartons d'emballage, pris l'humidité. Découverte : plein de sentences, de phrases qui prennent un sens et "parlent" :

"Lorsque tu as fait du bien et qu'un autre y a trouvé son bien, quelle troisième chose recherches-tu en outre, comme les insensés ? Passer pour avoir fait du bien, ou être payé en retour ?"

"Il est ridicule de ne point échapper à sa propre malignité, ce qui est possible, et de vouloir échapper à celle des autres, ce qui est impossible."

"La perfection morale consiste en ceci : à passer chaque jour comme si c'était le dernier, à éviter l'agitation, la torpeur, la dissimulation."

"N'aimer uniquement que ce qui t'arrive et ce qui constitue la trame de ta vie. Est-il rien en effet, qui te convienne mieux ?"

"L'art de vivre est plus semblable à la celui de la lutte qu'à celui de la danse, en ce qu'il faut se tenir prêt et sans broncher à parer aux coups directs et non prévus."

"Bientôt tu auras tout oublié; bientôt tous t'auront oublié".

"La mort : c'est une dispersion s'il n'y a que des atomes. Mais, s'il y a retour à l'unité, c'est une extinction ou une émigration".

"Efface l'imagination. Arrête cette agitation de pantin. Circonscris le moment actuel. Comprends ce qui t'arrive, à toi ou à un autre. Distingue et analyse, en l'objet qui t'occupe, sa cause et sa matière. Pense à ta dernière heure. La faute que cet homme à commise, laisse la où la faute se tient".

"Tout est éphémère, aussi bien le fait de se souvenir que l'objet dont on se souvient".

"Tout ce qui arrive est aussi habituel et prévu que la rose au printemps et les fruits en été ; il en est ainsi de la maladie, de la mort, de la calomnie, des embûches et de tout ce qui réjouit ou afflige les sots".


Que se passe-t-il dans la tête d'un sdf ?

Que se passe-t-il dans la tête d'un SDF? Quand il fait froid. Quand la nuit est tombée. Quand on est posé, assis sous la lumière blafarde d'un arrêt de bus. Attente ? Attente de quoi ? Suspension du temps dans la tête ? Idées arrêtées ?


photo empruntée sur le site Tsewa

Hier, je suis allé chercher mon gamin vers 20h à la sortie du RER. Je me suis garé face à l'arrêt de bus. Et j'ai vu un  homme assis qui attendait. Il n'avait pas de sac. Homme échoué sur un banc. Mains avec de gros doigts rouges. Visage bouffi.
Pas une tune en poche. De toute façon, il ne demandait rien. Aucune demande quand le flot des voyageurs est sorti. Rien. Il s'est levé, s'est mis à l'ombre et a tourné le dos. Puis il est revenu s'asseoir. Il y a pas loin un abri pour les SDF. Peut-être attendait-il quelqu'un pour l'y amener.
Pensé à ces bouts de bois que la mer rejette, tournés, retournés, barattés par les vagues, reliefs polis par le sable, couleurs lavées par l'eau et le soleil. Avant, morceaux d'une barque peut-être, morceaux d'un ensemble en tout cas, tenus et liés par d'autres, avec l'identité que leur donnaient ces liens. Aujourd'hui, pièces de bois qui traînent. Sans autre utilité que d'aller au feu.
Est ce qu'à force de tempêtes et d'éclatements dans sa vie, à force de solitude et de non buts, à force de temps d'inutilité et d'attente, on finit par être traversé par le temps, par engourdir ses pensées comme le corps s'engourdit par le froid ? Est-ce que quand on est entré dans une désespérance froide, gluante comme le quotidien, au delà des pleurs et des signes de souffrance ou de détresse, on n'en revient jamais ?
Mon fils est arrivé. Tu l'as vu ? Oui. Tu as quelque chose sur toi ? Non, je viens de filer mes fonds de poche ... c'est gênant d'aller le voir, il ne demande rien.
On est repartis. Conne de vie ! Quelle pudeur, ou quelle lâcheté, nous interdit d'aller vers l'autre pour lui dire : De quoi as-tu besoin ? Comment puis-je t'aider ?



Me suis remémoré ce matin ce conte initiatique :
C'est un chercheur de vérité qui après des années d'errance et de quête arrive chez un Maître pour lui demander la sagesse et l'illumination. Le Maître lui dit : rends-toi dans telle ville, à telle porte, tel jour, la personne capable de te les donner y sera. L'homme se rend au lieu indiqué, regarde les passants, attend, attend... Le lendemain, il retourne dépité chez le maître qui lui explique : la seule personne qui pouvait te donner ce que tu cherches était bel et bien là,  mais tu es tellement centré sur toi, sur tes idées et sur ta quête que tu ne l'as pas vue. C'était le plus faible de tous, c'était ce vieux porteur de fagots qui s'est fait sévèrement maltraiter par les gardes et dont tu n'as pas pris la défense.

 

Le stress au travail : de quoi devenir fou !

Le stress au travail est une réalité qu'on ne peut plus ignorer tant il fait des ravages. Il peut rendre fou. Exemple dans la vidéo ci dessous :  

 

Femme au Pakistan : une horreur indicible !

L'info est tombée hier : Le Pakistan vient d'assouplir sa législation sur le viol des femmes et l'adultère. Aux termes d'une nouvelle loi de protection des femmes, celles-ci n'auront plus l'obligation de trouver quatre témoins - hommes et "bons musulmans", pour prouver un viol. De la même manière l'adultère ne sera plus puni par la mort par lapidation mais par cinq ans d'emprisonnement au maximum et une amende.

Ne pas rêver pour autant : ce pays, aux mentalités complètement archaïques, est un enfer absolu pour les femmes. L'horreur ! Et avant que ces mêmes mentalités ne changent, il y aura encore, et encore, et encore, des femmes violées, brûlées vives, vitriolées, des fillettes mariées à 6 ans, dans la plus totale indifférence.

Voilà ce qu'en a dit Amnesty International dans un rapport :

Liban : un rêve andalou

Superbe papier dans L'orient Le Jour : "Un rêve andalou", sous la plume de Fifi Abou Dib. Un rêve et rien qu'un rêve malheureusement

"Hier, dans la salle d’attente de mon dentiste, je feuilletais distraitement un numéro du Point de septembre, quand j’ai sursauté sur une déclaration de José Maria Aznar, qu’il n’y avait rien de scandaleux à intervenir en Irak, puisque les Arabes, eux, ont bien envahi l’Espagne. On a du mal à imaginer les marines s’attelant à de somptueux travaux d’architecture, ouvrant des écoles, véhiculant des livres, invitant les penseurs à partager leurs idées à l’ombre des orangers. Les Arabes en leur temps ont fait d’el-Andalus un rêve de cité. Sans doute, l’épisode le plus serein, le plus doux, le plus propice à l’épanouissement de la pensée et des arts dans l’histoire de l’humanité. C’était avant que les Espagnols ne découvrent l’Amérique.

Pornographie sur internet : des ravages dans les cerveaux

Une étude récente effectuée en Grande-Bretagne, par Nielsen NetRatings, pour le compte d'Independent on Sunday,  révèle que le nombre de personnes qui téléchargent du matériel pornographique (photos, videos) sur internet croît de façon exponentielle. 

Le papier qui suit a été pompé intégralement sur un site canadien, Canoe.com, qui est un des très rares medias francophones à s'être arrêté sur le sujet. 

Les détracteurs de la pornographie craignent de voir la plus grande accessibilité à un tel contenu créer des attentes irréalistes chez les hommes quant à leur relation amoureuse et même menacer la survie des couples. Sans parler des autres effets induits de cette consommation : dégradation de l'image de la femme, lien de causalité direct avec l'augmentation du nombre des viols et des violences faites aux femmes...

Le nombre grandissant de personnes accros aux sites porno peut également avoir un impact sur la demande matériel illégal provenant de l’agression de mineurs et en clair, d'actes pédophiles.

Plus de 9 millions d’hommes, soit près de 40% de la population masculine adulte, se sont enregistrés à des sites XXX l’année dernière, plus de quatre fois les deux millions estimés en 2000.

Le nombre de femmes téléchargeant du matériel pornographique a aussi crû de façon significative (30%) au cours de la même période, puisqu’elles sont désormais 1,4 millions à fréquenter de tels sites Web.

Quarante pour cent des couples éprouvant des problèmes dans leur relation mettent partiellement en cause la pornographie en ligne, qu’ils considèrent à tout le moins comme un des facteurs déterminants de leurs difficultés de couple.

Des experts en relations expliquent que les femmes doivent rivaliser avec les modèles «parfaits» montrés en ligne, ce qui pourrait éventuellement mener à un phénomène social généralisé où les jeunes gens seront incapables d'entretenir des relations dites «saines».

Selon Christine Lacey, une conseillère experte en relations de couple du service Relate, «Il n’y a pas de limites sur internet. Vous pouvez regarder des personnes au corps absolument parfait s’adonnant aux pratiques sexuelles les plus inhabituelles et les voir en train d’avoir des relations sexuelles quand bon vous semble. Quelle femme normale peut prétendre rivaliser avec ça ? Si des gens regardent constamment ce genre de choses sans entretenir des contacts avec d’autres personnes, cela peut avoir un effet pervers de normalisation du phénomène.» Le psychologue clinicien et auteur Oliver James explique que «lorsqu’un homme regarde souvent de la pornographie, où les femmes sont essentiellement des esclaves, cela nuit à leur aptitude à maintenir une vraie relation.»

Cette étude définitive sur le phénomène de la pornographie internet est apparemment une première du genre. Elle a permis de déterminer qu’hommes et femmes visitant des sites pornographiques passaient en moyenne 40 minutes par mois à regarder des images suggestives et explicites.

Un homme sur quatre âgé de 25 à 49 ans (environ 2,5 millions d'individus) a regardé des images hardcore en ligne au cours du mois passé seulement. 

Les hommes préfèrent les sites Web affichant des images tandis que les femmes jettent leur dévolu sur les sites de clavardage érotique, quoique ces dernières ont plus tendance à considérer le visionnement de matériel pornographique comme un acte de tromperie.

L’accès gratuit et illimité ainsi que la technologie à large bande sont largement responsables de la croissance exponentielle du phénomène de la pornographie sur internet.

La veille de la publication de cette étude, internet Watch Foundation, un organisme de surveillance en ligne des phénomènes d’agression de mineur, déclarait que la popularité de la pornographie sur le Web attirait de plus en plus de gens vers la pornographie juvénile.

Thaddeus Birchard, psychothérapeute, souligne: «Cela n’a pas de fin. Les utilisateurs tendent à cliquer une image après l’autre, comme entraînés dans un vortex dans lequel ils ont l’impression de ne plus pouvoir arrêter.»

Sites à consulter :

- www.unesco.org/webworld/innocence
dont cet article du Courrier de l'Unesco : internet et la pédophilie
- www.casa-alianza.org
- www.childnet-int.org
- www.cyberangels.org
- www.ecpat.net
- www.fbi.gov/library/pguide
- www.info.fundp.ac.be/~mapi/plan.html
- www.iwf.org.uk
- www.stiftung.bertelsmann.de
Byalpel   Le 2006-06-01 14:25:12
Grave n'est-ce pas ?

Ce véritable problème a les conséquences qui sont mentionnées au début de l'article, certes, mais c'est surtout la fin qui est flippante.

Forcément, dans notre société où on en veut toujours plus (plus vite, plus fort, plus haut : les JO doivent se retourner dans leur tombe), forcément on tombe dans la spirale vicieuse dont parle la psy. Alors après c'est quoi pour le "grand public", pas si grand finalement : pédophilie ? Et après ? Viols ? Et après ? Tournantes ? Puis zoophilie, gérontophilie, haltérophilie, tu quoque fili.. ?
Yves   Le 2006-06-01 14:54:26
Oui, c'est grave. Vraiment grave.
Il y a menace d'atteintes aux enfants, et atteinte de toute façon déjà à l'intégrité des femmes.
Dans ce genre de trucs, on montre leur sexe, plus rarement leur visage. Discours réduit à des râles. N'importe quel taré peut s'imaginer qu'il suffit de serrer la main d'une fille pour la conduire immédiatement au pieu où elle acceptera avec plaisir tous les sévices possibles.
Dans les banlieues, on ne fait plus la cour, on dit "t'es bonne" directement. Dans le langage courant, les femmes sont toutes des salopes, des putes... On en est au point où on trouve naturel de créer des bordels pour la coupe du monde de football, sans trop se préoccuper d'ailleurs du consentement des femmes qui vont officier. Or il y a gros à parier que, dans le lot, certaines sont tout simplement des esclaves. Or, jusqu'à preuve du contraire, la traite des êtres humains est interdite.
Un journal suisse, qui a malheureusement fermé, "le Temps stratégique", avait parlé à une époque de racisme anti-femmes et de racisme parfaitement accepté. L'analyse fondée et argumentée de ce journal, analyse que partage une majorité silencieuse, reste sans effets. On continue de faire passer pour des excités, des dérangés, des pères la pudeur, ceux qui montrent cette réalité écoeurante.
C'est incontournable : il y a un lien direct entre l'accroissement des viols et la diffusion de la pornographie. L'autre, la femme, en tant qu'objet, c'est la norme. Et ça va se banalisant pour les enfants aussi.
On est chez les barbares.
Ab6   Le 2006-06-01 17:33:45
Je pensais (naïvement ? ) que la pornographie libre pouvait au contraire faire chuter le taux de viols , moi (cf Amsterdam où les sex shops affluent/vitrines aux yeux de tous...)
Yves   Le 2006-06-01 18:10:59
Ab6 > Je vais essayer de retrouver dans mes archives cet article du Temps Stratégique pour en mettre des extraits en ligne. Clairement il y a une corrélation entre la pornographie et les agressions sexuelles.
katsoura   Le 2006-09-05 02:51:18
J'espère qu'un adulte est au moins capable de faire la différence entre le contenu pornographique (guidé par l'appat du gain) et la réalité. On attire pas les gens avec de la médiocrité mais du rêve. L'individu accepte de rentrer dans ce monde un court instant (il fantasme) tout en sachant que c'est du vent, quelque chose qui n'est pas réaliste, une mise en scène. Et nous fantasmons tous ! Evidemment pas pour les mêmes choses mais ca fait partie du fonctionnement du psychisme, une sorte de soupape.

Le danger c'est de croire que ce qui n'est pas réaliste le soit. Et à mon sens c'est ça le lien qui est fait entre la consommation de contenu pornographique et le nombre de viols.

Tu crois fumer une cigarette, c'est la cigarette qui te fume

Vu en circulant sur le net cette publicité brésilienne contre le tabac. Cette pub, créée par l'agence Neogamabbh , est une des meilleures sur le sujet. Les poumons d'êtres jeunes et beaux, transformés en braseiros, c'est pour le moins explicite et marquant.




Il n'y a manifestement rien à rajouter.