L'art du thé... à la menthe
On nous rebat en permanence les oreilles avec l'art du thé japonais ! Et je te fais des minauderies dans des kimonos en soie ! Et je fais joujou avec des trucs en bambou ! Et je fais semblant de respirer ! Et la dame qui s'est mis de la peinture blanche sur la figure, que c'en est une honte, et qui murmure avec une toute petite voix un charabia incompréhensible... Tout ça, c'est du vent, de la poudre aux yeux, de l'intoxication ! Les Japonais, ils ont une bonne attachée de presse, une bonne agence de relations publiques et puis c'est tout. Ne pas se laisser impressionner non plus par les anglais, leur tea time et tout leur cirque.
Il n'y a d'art du thé qu'à la menthe.
Ingrédients essentiels :
- le "berred", si possible ancien et bien culotté (éviter les théières pour touristes en faux argent massif et pleines de gravures),

- l'eau (de la "Sidi Roubini" de préférence), portée à ébullition,
- du thé vert Gunpowder, et exclusivement Gunpowder. La mesure exacte ? une petite poignée dans le creux de la main. Si vous avez un très grosse main et une petite théière, ce sera très amer. Mais la recette exacte et précise, il n'y en a pas d'autre. Depuis des siècles, c'est comme ça, c'est une petite poignée. Et barka ! Faut se résigner. Les mesures arabes, c'est comme la "little spoon" des anglais. D'abord les little spoons, elle peuvent ne pas avoir la même taille. Et avec une little spoon, on se retrouve avec une mesure qui peut facilement aller du simple au double selon la manière de charger l'engin. Mais, c'est comme ça ! Ce n'est pas parce que tu ne comprends pas qu'on va réécrire tous les livres de recettes ! De plus les anglais n'ont pas les mêmes mesures que nous ! La seule solution, c'est d'y aller à l'instinct.
- de la menthe du jardin ou à la rigueur en pot sur le balcon . Surtout pas de truc séché, ça donne un goût de foin. Surtout, surtout, pas de sachet. C'est une abomination. Pour ce qui est des variétés de menthe, les autochtones poivrées, poilues, piquantes, etc, sont totalement à proscrire. Il faut piquer chez un copain au Maroc des racines de "menta maroquensis", appelée "na'na", les ramener dans un coton mouillé en avion, planter et attendre. De la bonne terre, du soleil, de l'eau. C'est simple comme bonjour.
Avant de mettre la menthe dans la théière, rincer le thé deux ou trois fois (pas plus !!!) à l'eau bouillante, pour enlever l'amertume. Mettre la menthe, beaucoup de sucre, verser l'eau tout doucement, laisser infuser***... Et hop, il y a plein de copains qui s'invitent : "tiens, je passais devant chez toi". Allez, entre...
L'art du thé à la menthe, c'est ça ! Les amis qui débarquent, sans prévenir, juste au moment où le thé est prêt et où tu pensais que tu allais le siroter tout seul. Moment magique, moment d'alchimie : il y a des odeurs qui passent au traver des murs, c'est évident.
*** Petit détail : le thé à la menthe, c'est du thé avec de la menthe, beaucoup de menthe. Pas le thé de la mosquée de Paris, ou des restaurants arabes de Paris, avec une ou deux feuilles orphelines et désespérées dans la théière, incapables de masquer le goût de la flotte. Honteuses. Et du thé sans la frime aussi : ce n'est pas parce que la théière a été levée à 50 cm au dessus du verre, que c'est bon. Ce n'est pas le bruit et les bulles qui font le thé - les bulles c'est coca-cola ou perrier-, c'est-la-men-the... et les potes.
Voilà, vous savez tout maintenant. Sauf mon adresse :-)))
Alors qu'une tasse de Ryokuchi ou de Genmai cha est non seulement plus facile à préparer, mais beaucoup plus savoureuse et plus saine (hyperanticacérigène à donf)!
Par contre, je ne sais pas pourquoi le thé à la menthe est si sucré ! Et si on n'aime pas le sucre, qu'est-ce qu'on fait ?
Pour ce qui est de l'Orient, il est plus proche de Paris par avion, que Lyon ou Marseille en voiture. Le concept est devenu assez relatif : toi, par exemple, tu peux te poser avec telle ou telle "identité", mais si tes grands parents revenaient ils verraient surtout en toi une occidentale pure et dure (costume, mode de vie, langue...). Moi qui suis né au Maroc, etc, etc qui suis-je ?
Le thé à la menthe est effectivement très sucré. A l'origine (au 17ème ou 18ème siècle au Maroc) c'était une boisson de riches. Le sucre était une denrée très chère. J'ai dans l'idée qu'il y avait là un moyen de valoriser l'hospitalité qui était donnée. Mais c'est à vérifier.
On peut le préparer sans sucre aussi, et sucrer dans les verres de ceux qui le veulent.
Effectivement, au départ le thé était une denrée que seuls quelques Marocains pouvaient s 'offrir et n'est devenu pour ainsi dire "grand public" que sur le tard, début du vingtième siècle, ce qui rend cette idée du thé-boisson-mythique-des-Marocains fausse, comme tous les clichés...
J'ai appris à la secrétaire à faire le thé à la menthe, comme au Maroc, où je suis né, elle se délecte maintenant.
(si vous avez l'occasion de passez au maroc)
ce n'est pas une publicité je precise
a+
Ses origines ne sont pas marocaines. Elles proviennent du fins fond d'un bureau à Londres !
Durant la colonie anglaise sur l'Inde, ils exploitaient le commerce du thé...
Les anglais ont prit le premier choix pour eux, vendus le deuxième choix en Europe et aux Amériques... Mais que faire des grosses quantités du troisième choix de basse qualité ? Un petit malin c'est dit « On va le refiler dans les pays du Maghreb, mais comme il est infecte ; on va leur mélanger avec une plante locale, qui va masquer le mauvais goût ! ».La menthe est arrivée au bon moment... C'est comme cela que le thé à la menthe est devenu la boisson nationale Marocaine !
Regarder très attentivement la fameuse théière marocaine... vous pouvez constater qu’il y a une grande similitude avec la théière anglaise du début du siècle Victorien...
Non seulement les anglais vont refiler le thé de 3ème choix aux marocains, mais aussi le sucre, (le sucre en pain est également d'origine anglaise) et tant qu’on y est, la théière pour aller avec !
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Le reste c'est du chauvinisme erroné ; Du mauvais thé (Gunpowder...), dont on jette la première, voir la deuxième infusion, tant elle est âcre. Plein de menthe et une tonne de sucre pour masquer le gout dégeu. Plusieurs verres remis dans la théière en les versants de haut et versage de haut aussi dans les verres. Une (tradition) dit que plus il y a de bulles, plus ont aura de la chance... En réalité, cela a une vraie utilité, puisque cela permet d’aérer le thé. Voili, voilà...
Alors, arrêtez votre cinoche, on ne devrait pas appeler cela du thé à la menthe, mais de la menthe au thé. Encore que, si ce n’était que moi je n’oserais même pas parler du thé, étant juste un ingrédient comme dans une recette et qui ne sert qu’à donner de la force à cette infusion de menthe, (tisane...).
Mais J’ADORE CA et je possède un superbe service marocain !!!
Et il est permis de rêver et d'avoir des souvenirs d'enfance, de vacances...
P.S. : Pour sauvez l’honneur de nos gentils amis marocains à ce propos, il est important de préciser que pour cette infusion, (décoction...), leur menthe est bien plus appropriée que celle des britishs, car la menthe anglaise (plus fine et poivrée), donne un gout proche des chewing-gum Hollywood...!
j'ai trouvé ton intervention daté Le 2008-05-26 tres interessante, pourriez-vous nous en indiquer les sources pour connaitre plus sur cette histoire.
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