Un papier qui sort du lot sur Afrik.com : "Le combat compliqué de Benoît XVI"
Le Pape accusé d’attaquer l’Islam
samedi 16 septembre 2006, par Khaled Elraz
Il faut raison garder... Le discours de réflexion sur les rapports entre foi et raison prononcé mardi 12 septembre 2006 par le Pape Benoît XVI pose-t-il problème ? En principe, non. Mais il a brisé un tabou, au détour d’une phrase. Le tabou de l’ignorance et du respect mutuel des grandes religions révélées.
Sur quoi portait cette réflexion papale ? Sur la relation compliquée qui a existé dans l’histoire entre foi, raison et violence dans les différentes religions monothéistes, le Judaïsme, le Christianisme, la religion musulmane. Il s’est référé à cette occasion à cette occasion à un livre de l’empereur byzantin Manuel II Paléologue (1350-1425), qui reprochait à l’Islam (et plus précisément au Prophète) d’avoir légitimé la violence religieuse : "le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait".
Ce que rejette, en l’occurrence, le Pape, et c’est plutôt heureux dans une période de crispation confessionnelle, c’est justement que l’on puisse justifier un crime au nom de Dieu...
En cela, le Pape est plutôt moderne, ouvert, tolérant, il condamne les croisades et toutes les justifications qui ont pu en être produites, au Moyen-Age, par des théologiens catholiques plus soucieux de provoquer des guerres de conquête hors d’Europe que de défendre dans le monde entier une religion de l’amour... Bref le Pape prône au total le dialogue entre les religions et le désarmement des religieux extrêmistes. Qui peut s’en indigner ?
Alors comment expliquer la levée de boucliers du monde musulman ?
D’abord, parce que la citation reprise par le Pape n’est pas une analyse fouillée de la pensée du Prophète, mais un résumé un peu caricatural émanant d’un empereur byzantin qui était un adversaire de l’Islam. Le Pape, en érudit qu’il est, aurait pu se fendre d’une réflexion plus approfondie.
Ensuite, parce que le tabou fondamental qui est levé, c’est celui du pacte de non agression des dignitaire des trois grandes religions monothéistes, jusque là toujours solidaires dans la défense de la Foi et l’exclusion de tout commentaire non autorisé sur leurs doctrines respectives. Où va-t-on si le Pape se met à commenter le Coran, ou si les Imams expliquent les Evangiles ?
En fait, c’est sur ce principe que les paroles du Pape sur raison, violence et foi sont apparues inacceptables. Au point que même le New-York Times les condamnait vendredi 15 septembre comme "tragiques et inacceptables"...
Etonnant renversement des choses, où lorsqu’un Pape prône la tolérance et accepte de parler librement des qualités et des défauts de chaque grande doctrine religieuse, il est universellement voué aux gémonies. Nous vivons, décidément, le temps de tous les intégrismes.
Quant aux qualités, je n'ai lu que mention du christianisme, accessoirement des Juifs et des anciens Grecs
En tant que Pape, il aurait été mieux inspiré de choisir d'autres exemples et d'utiliser les circonvolutions appropriées à la diplomatie.
Surtout envers un groupe d'individus tellement déchirés entre eux (Sunnites contre Chiites, radicaux contre modérés, rois corrompus et dictateurs de père en fils contre populations pauvres et réprimées) que la seule chose qui les unisse soudain , c'est quand quelqu'un de l'extérieur leur dit "c'est pas tout joli-joli ce que vous faîtes".
Sans oublier que Ratzinger fut un pont théologique mais aussi politique entre les intégristes chrétiens et le Vatican, ni qu'il a conscience que l'Amérique,Sud et Nord entretiennent une vision du catholicisme pas exactement tolérante, ni basée sur, comme il le dit, la raison.
Cette raison manque tellement à l'Eglise Apostolique Romaine qu'elle ne trouve guère de places de responsabilité aux femmes, guère de raison à la contraception malgré la pauvreté et les différents MST, guère d'appui aux jésuites qui luttent avec les pauvres en Amérique du Sud.
Ratzinger, d'autre part, fait partie de cet ensemble ravi de savoir que l'intégrisme (Maristes, Pères Gris, Bénédictins, Cisterciens entre autres) est en excellente place au sein du corps des officiers de plusieurs Républiques Laïques Occidentales.
Ce qui ne m'empêche pas de trouver que les cris d'orfraies poussés par certains représentants Musulmans sont comme des cris de bouffons: on ne les entend pas trop hurler contre le massacre quotidien entre les deux factions du schisme de l'Islam, contre la déformation incessante du Coran par n'importe quel emir auto-proclamé dans le but de vendre sa camelote.
Vraiment, ces monothéistes... si l'on écoutait la raison, on en conlurait qu'ils sont tous des menteurs: après tout, chacun ne dit-il pas que seul son dieu est le vrai dieu, et que dire le contraire est un blasphème?;-)
Très facile:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-813614,0.html
Je suis tout à fait d'accord avec lui aussi quand il dit que le Pape aurait mieux fait de ne pas se prononcer publiquement sur le corps de doctrines des autres religions... D'abord parce que chacune d'entre elles estime détenir la vérité et être supérieure aux autres. Ensuite parce qu'elles se méconnaissent totalement. Beaucoup de catholiques par exemple seraient étonnés de découvrir en islam des théologiens aussi puissants que Saint Thomas d'Aquin, des saints comparables à Saint François d'Assise etc.
On est là dans un embrouillamini politique parfaitement synthétisé dans un dessin de Chapatte pour le Temps, où 2 intégristes musulmans, avec en arrière plan le pape au balcon et une foule en train de gueuler, se dire : "Ce pape, c'est une bénédiction".
Et si ses propos avaient été tenus par l'Abbé leblase ou le chanoine Yves, celà n'aurait pas eu plus d'importance que celà. Mais voilà, Benoît est roi! (enfin,Pape, mais on va pas chipoter;-)
Il n'empêche que le gars est un peu psychorigide, puisqu'il ne dit pas "Istambul" mais "Constantinople".
Un comique involontaire, ou un type qui sait très bien où il va, et quel message il envoie?
Mais le problème n'est pas là : le Coran et les Hadiths disent souvent une chose et son contraire, sans que ce soit de l'allégorie.
Qu'on demande à nos contradicteurs musulmans ce qu'ils pensent des versets coraniques abrogés par les abrogeants : les plus récemment "révélés" priment sur les anciens.
Et ces versets récents (abrogeant)sont tous des appels au meurtres de juifs et de chrétiens. Non, il n'y a aucune allégorie ici : ce sont des détails techniques très concrets qui sont alors livrés.
Les musulmans modérés? Mais modérés oui, mais jusqu'à ce qu'il leur soit fait injonction de faire le djihad! Quand? Vous ne le serez jamais.
Et tout ça se trouve dans le même Coran : celui des "modérés" comme dans celui des "islamistes". C'est le même Coran!
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